Enrôlement des électeurs à Kinshasa : Les acteurs politiques ne mobilisent pas assez

Depuis le début de l’opération de révision du fichier électoral dans la capitale le 28 mai dernier par la Commission électorale nationale indépendante, dans la majorité des communes, il s’observe un phénomène difficile à interpréter dans différents centres d’inscription.

L’on note la présence des électeurs dans les différents sites mais pas dans la proportion que l’opinion attendait. Tout se passe comme si la machine mobilisatrice des partis politiques et des associations culturelles n’a pas vraiment fonctionné. Et même quand on lu la presse ou lorsqu’on zappe sur différentes chaines de télévision locales, l’on ne voit presque pas des leaders politiques et d’opinion appeler leurs membres à s’enrôler. Et quand vous vous renseignez à l’hôtel de ville de Kinshasa, il n’y a pas assez de partis qui ont sollicité l’autorisation des meetings ou des marches pour soutenir l’opération d’enrôlement.

Les associations de la société civile n’en font pas non plus assez en comparaison à ce qui s’est passé à la veille des élections de 2006 et de 2011.

Ce qui suscite beaucoup de points d’interrogation dans le chef des observateurs et autres analystes avisés qui se demandent  sur les causes exactes de cette léthargie.

Et, c’est par manque de moyens ? Et, c’est pour des raisons stratégiques, espérant peut-être réveiller les militants de leurs formations politiques vers la fin de la révision du fichier électoral ?

Ou ils ne croient tout simplement pas à la démarche de la CENI ?

Que croire et que dire ? Il est difficile au stade actuel des débats de donner une réponse classique à ces préoccupations. Les jours et semaines qui suivent, vont, nous en sommes sûr nous éclairer sur ces équations.

Mais en attendant, nous voulons rappeler aux acteurs politiques qu’il n’y a pas mille manières de se faire élire que par le vote. Et si un candidat n’obtient pas le nombre de voix requis, il ne pourra prétendre siéger à l’Assemblée nationale, à l’Assemblée provinciale ou encore aux conseils municipaux ou des secteurs.

Et dans la philosophie de la CENI, ce sont les circonscriptions qui aligneront le plus d’électeurs qui engrangeraient plus de sièges. Il n’y a pas d’autres formules. Voilà des conditions ou plutôt des réalités qui devaient motiver les acteurs et les leaders  d’opinion à se lancer dans la sensibilisation des électeurs.

Continuer à afficher l’indifférence, peut s’avérer dangereux pour leur propre avenir politique.

Les Kinois doivent aussi savoir que voter est leur droit. Il n’est pas seulement un devoir civique. Or on ne pourra voter si on n’a pas sa nouvelle carte d’électeur. C’est le moment d’aller aux centres d’inscription pour s’enrôler. Encore que cette carte sert également de pièce d’identité.

Nous ne disons pas aux Kinois de se réveiller à 4 heures du matin pour aller se faire enrôler. Ils ont plus de deux mois devant eux. Mais ils doivent avoir cette problématique à cœur. Et savoir que détenir une carte d’électeur est une fierté pour tout citoyen congolais. Elle lui permet de se choisir ses dirigeants. Un choix qu’il doit opérer librement mais en toute responsabilité aussi. Et s’il le fait en toute conscience, il aide son pays à se propulser de l’avant. Parce que et ce n’est un secret pour personne le problème du Congo, c’est ses dirigeants…

 

Lenteur dans l’opération d’enrôlement

Un autre problème et non de moindre observé dans les centres d’inscription. C’est bien la lenteur dans l’opération d’enrôlement. Selon des témoignages, un électeur peut facilement passer plus de 30 minutes devant l’ordinateur. Ce qui ne peut s’expliquer normalement,  estiment les observateurs avertis.

Qu’est-ce qui cause ce retard ? Ce sont les utilisateurs qui posent problème ? Ou la difficulté vient de la complexité de ces appareils ?

Les dirigeants de la CENI qui n’ont plus rien à prouver en termes d’expertise, vont, nous en sommes certains, donner une solution à ce problème.

JPS

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