A moins d’un miracle, Tshibala rend le tablier après la paie des fonctionnaires

Tous les indicateurs sont au rouge, la paralysie est totale, et le pays est sur le point de s’arrêter. Raison suffisante pour que Bruno Tshibala, devant sa conscience, devant le peuple et devant Dieu puisse rendre le tablier. Et pour cause ? L’on se souviendra que dans son discours-programme devant le Parlement peu de minutes avant son investiture, Tshibala avait promis, la main sur le cœur, qu’il offrirait les meilleures élections aux Congolais et bien avant cela, qu’il améliorerait leurs conditions de vie et de travail.

Le Premier ministre de  » l’UDPS  » ne s’était pas arrêté là. Pour se mettre en vedette ou provoquer le sensationnel,  il a promis, toujours devant le Parlement, et ce, après son entrevue avec l’Intersyndical de l’administration publique qu’il réajusterait les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat au taux de 1.450FC/le dollar, et ce, à la paie du mois d’août. Même si l’on sait que les professeurs de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) avaient refusé de toucher leurs salaires de juillet au taux de 920 FC/le dollar.

Aujourd’hui, à quatre jours de l’ouverture de la paie du mois d’août courant, les informations qui nous parviennent et très proches du ministère du Budget font état du, maintien du taux de 920 FC/le dollar, taux sur  base duquel les salaires sont calculés. De quoi se demander si Bruno Tshibala a été consulté, si sa promesse faite à l’Intersyndical et relayée devant le Parlement n’est pas passée pour un vain slogan.

Kangudia, qui chapeaute ce ministère du Budget, a-t-il reçu des instructions ad hoc ? Si oui, s’est-il moqué de son chef (Premier ministre) pour le transformer en bourrique ? Je laisse le soin de répondre à qui de droit. Nous ne sommes pas de prophète de malheur. Il faut plutôt reconnaître que l’heure est grave. Bruno Tshibala n’a pas de marge de manœuvre. Comment n’en serait-il pas ainsi si l’on sait que le Premier ministre est entouré de gens qui sont là qui depuis 20 ans, qui depuis 15 ans… et qui ne sont pas de nature à le laisser réussir compte tenu de ce qu’il était avant de changer de couleur. A part les professeurs de l’ESU, les médecins, les fonctionnaires, la grève va atteindre son point culminant avec la rentrée scolaire des cycles maternel, primaire et secondaire prévue pour le 4 septembre prochain. En tout cas, les enseignants qui se sont exprimés devant L’Observateur promettent la foudre à Bruno Tshibala,  ajoutant qu’ils sont prêts à rester à la maison car, ont-ils argumenté  » Celui qui est mort ne peut refuser de pourrir « .

 

La démission, pas une lâcheté, mais une vertu

En République démocratique du Congo, les politiciens et les mandataires publics n’ont pas la culture de la démission, non que celle-ci soit une lâcheté, mais à cause de leur attachement à l’argent et aux biens matériels.

Les politiciens de la RD Congo n’ont pas le sens de l’honneur, contrairement à ce qui se fait sous d’autres cieux où un scandale, si petit soit-il, doit pousser à la démission, s’il ne peut être puni de mort comme au pays de Xi-Ping.

Nous en voulons pour preuve les personnages de Pierre Corneille au 17è siècle, dans sa pièce  » Le Cid « . Ayant reçu une gifle de Don Gomez, Comte de Gormas et père de Chimène, fiancée à Rodrigue. Don Diègue  a demandé à son fils de venger l’honneur de la famille face à l’amour. Celui-ci est allé se mesurer à son futur beau-père, qu’il a tué. Chimène, pour sa part, n’a pas privilégié l’amour qu’elle avait pour Rodrigue. Elle a demandé au Roi de faire justice c’est ainsi que Rodrigue s’est  vu envoyé pour combattre les Maures. C’est après seulement qu’elle l’a reçu dans le cadre de leurs fiançailles.

Ici en RD Congo, l’exemple de  Vincent de Paul Lunda Bululu est plus éloquent. Il est, dans l’histoire de la RD Congo, l’unique Premier ministre à avoir rendu le tablier sans en être contraint. Bruno Tshibala se trouve aujourd’hui dans une situation pire que celle de Lunda Bululu à l’époque. Ne peut-il pas, bien que tard, imiter l’acte de bravoure posé par Lunda Bululu, et ce, s’il ne tient pas à être chassé par la rue ? Il est adulte, ainsi donc pensons qu’ll se comportera de manière à ne peut perdre ce qui lui reste encore de capital honneur.

Magister Baseke

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