Appels de l’opposition à la  » ville morte  » : La population oppose son indifférence

Il ne se passe pas un mois, un trimestre, sinon un semestre, sans que des groupes s’affichant comme faisant partie de l’opposition, tels que ceux que l’on ne sait plus nommer :  » Bundu Dia Kongo  » ou  » Bundu Dia Mayala « , relevant de l’autorité d’un ancien élu et député national Ne Mwanda Nsemi, comme pour la journée du lundi 7 août 2017, ou ceux prenant le pas sur ce dernier, comme le Rassemblement/Tendance Moïse Katumbi dont les ténors se sont retrouvés à Bruxelles, ou, en outre, ceux qui ne sont pas moins opposants que les formations politiques de même obédience et sur lesquelles ils s’alignent, quoique exerçant leurs activités sous le label trompe-l’œil de mouvement citoyens, à l’instar de  » Filimbi « , de la  » Lucha  » et autres  » Les Indignés « , pour  appeler la population à la  » ville morte « . Pour eux tous, successivement les lundi 7, mardi 8 et mercredi 9 août 2017 devraient être des journées à passer à ne rien faire, à s’absenter du travail, à se curer les ongles… Pour quel résultat ? Il faut dire que la population a opposé son indifférence la plus totale aux incitations des uns et des autres.

 

On n’en est plus du temps d’Etienne Tshisekedi  sous le règne du Président Mobutu Sese Seko

Les différentes composantes de la population, nationaux comme étrangers, ont compris l’équation qui voudrait que  » ville morte «  égale oisiveté imposée aux habitants des villes et cités urbaines par des politiciens sans foi et sans scrupules,  en espérant que les mannes tomberont du ciel pour régler les nécessités existentielles d’un individu, d’une famille, d’une société, etc.

Au sein de cette population, tous ont compris que ceux qui poussent les autres à la  » ville morte «  sont régulièrement absents, sinon des villes dans lesquelles ils vivent, pour se retrouver hors du territoire national, et que même lorsqu’ils séjournent dans telle ou telle autre ville de la République Démocratique du Congo, ils ont de quoi se mettre sous les dents, avec la montagne des provisions alimentaires qui engorgent leurs greniers et autres congélateurs et frigidaires, pendant que le gros du peuple, vit au jour du jour de l’informel, pour survivre face aux contraintes de la mondialisation qui les paupérisent de jour en jour.

Il a été demandé à la population : point de marché, de boutique, de magasin, de voiture taxi ou transports en commun en circulation… Au résultat, même si çà et là, quelques-uns se sont particularisés par l’observation attentiste des toutes premières heures de la journée, très vite, ils ont vaqué courageusement à leurs occupations quotidiennes. La vie a donc repris son cours normal des choses, faisant ainsi échec à tous ces appels à la journée  » ville morte « .

Cet était des choses est tel que l’opposition qui est encore friande des appels à cette forme de désobéissance civile, devraient s’impose une sérieuse autocritique pour abandonner carrément une stratégie infructueuse, et l’on n’en est pas à la toute première fois. Que des échecs se  qui se succèdent, dès lors qu’il est question de  » ville morte  » !

La première impression que cela donne est comme si ces manipulateurs de l’opinion publique ne sont plus en mesure d’appréhender les préoccupations de la population, creusant de jour en jour, une fracture avec celle-ci.

La deuxième impression en est que ces manipulateurs, pour conscients qu’ils puissent l’être, ne le font pas pour leur propre chapelle, mais pour montrer à leurs parrains qu’ils peuvent créer une psychose de peur en confinant la population à ne pas sortir de chez elle. Or, tous ces parrains sont quasiment connus pour être des partisans de l’idéologie libérale qui voudraient bien que rien ne freine l’expansion des affaires. En jouant à l’infini la carte des  » ville morte « , les politiciens congolais qui s’y adonnent se disqualifient auprès de leurs propres lobbystes occidentaux.

La troisième impression, qui procède par ailleurs d’une analyste factuelle sans concession, démontre que sur la scène politique congolaise, il n’y a ni, d’un côté le Maréchal Mobutu Sese Seko, ni de l’autre et en face de lui, l’opposant Etienne Tshisekedi. C’est que le contexte a changé du tout au tout. A la dictature de la pensée unique sous le président Mobutu, l’opposant Etienne Tshisekedi, fort de la contestation du MPR par la formation de l’UDPS, auréolée d’une constellation de personnalités diversifiées, pouvait se créditer de contribuer à apporter aux masses désespérées par une incurie sans perspectives, l’espérance d’une certaine monnaie d’échange.  Et on connaît la suite : de  » ville morte «  en  » ville morte «  pour déboucher sur une Conférence Nationale Souveraine.

Aujourd’hui, ce n’est plus la même chose. Non seulement les deux récents Dialogues politiques ne sont pas les fruits des journées  » ville morte « , mais surtout, la République Démocratique du Congo a connu des évolutions majeures et non des moindres, qu’il importe d’épingler : l’instauration d’une démocratie plurielle, la mise en œuvre d’une économie en reconstruction,, l’option d’une réouverture au monde extérieur…

Par voie de ‘conséquence,  le mimétisme stratégique, construit sur le modèle de  » ville morte «  est devenu totalement inopérant.

 

Le forcing d’une  » ville morte  » stoppé par la police

Ceux qui ont appelé à la journée  » ville morte «  le lundi 7 août 2017, particulièrement singulièrement le gourou du BDK/BDM, ont étalé un agenda intentionnel de troubles à l’ordre public et de confrontation avec les forces de l’ordre, de manière, non seulement à chercher à imposer par la violence une journée  » ville morte « , mais inévitablement, de chercher à tirer profit de cette situation – si tel devrait en être le cas – pour pousser plus loin le bouchon de la déstabilisation des Institutions républicaines.

Là-dessus, les Bundu Dia Kongo ont agi, à quelques exceptions près, exactement comme le pasteur Mukungubila, les nommés Prince Kalebe et autres Mputu Nkongolo Alphonse alias Ally du réseau terroriste du mouvement insurrectionnel  » KAMUINA NSAPU « , les uns et les autres s’en prenant aux éléments sous le drapeau et en ciblant les sites stratégiques et autres symboles de l’Etat.

Fort heureusement, le dernier mot est revenu aux forces de sécurité.

Valery Mankenda

Related posts