Au cours d’une conférence de presse, Maninder Gill a parlé du développement social

Maninder Gill, Directeur du développement social à la Banque mondiale à Washington qu’accompagnait Jan Weetjens, Practise Manager-social développement ont tenu une conférence de presse en fin de semaine dernière au Bureau de Représentation de la Banque mondiale en RDCongo à la Gombe. Ce, en présence de Ahmadou Moustapha Ndiaye, numéro un du Bureau de la Banque mondiale en RDCongo.

Peu avant de céder la parole aux journalistes présents, Maninder Gill a fait un bref exposé dans lequel il a expliqué ce qu’on devait entendre par développement social. Pour ce dernier, le développement social a 4 grands champs ou axes.

Le premier, c’est l’axe de l’inclusion. Il s’agit de voir, de comprendre comment les couches de la population les plus vulnérables peuvent pleinement participer au dialogue. Par  populations vulnérables on sous-entend les personnes vivant dans la rue, la jeunesse désœuvrée, les femmes en général, les personnes vivant avec handicaps, les personnes victimes des violences sexuelles, les peuples indigènes. Ce sont des catégories de gens qui pour des raisons diverses se trouvent en marge de la société et ont du mal à participer au processus de développement.

Le second axe, c’est celui de la cohésion sociale. Il tourne autour de la préservation des conflits au niveau national ou local. Pour surmonter les conséquences des conflits avec des programmes de démobilisation, réinsertion que la Banque appuie. Même les violences au niveau des ménages professionnels, la criminalité. Ce n’est pas seulement palliatif c’est-à-dire d’aider les communautés à surmonter les effets de violences ou conflits mais aussi la prévention.

Comment promouvoir la cohésion sociale de sorte que s’il y a des tensions qu’on puisse voir comment les résoudre pour qu’elles n’aboutissent pas à des situations conflictuelles.

Le 3ème axe, c’est l’axe de la redevabilité sociale, on se focalise sur le citoyen. Dans les différentes constitutions, les lois des pays, les citoyens ont des droits. Comment on peut faire pour que la voix du citoyen ait un poids dans le dialogue entre le citoyen et l’Etat dans les différentes manifestations, dans les différents secteurs. Comment faire en sorte que les besoins des citoyens, leurs priorités soient pris en compte. Surtout ce droit de regard du citoyen sur les dépenses publiques, sur la qualité des services à la base. Ce qu’on appelle la demande pour la bonne gouvernance.

Le 4ème axe : c’est ce qu’on appelle la sauvegarde sociale. Il s’agit des politiques internes à la Banque qui donnent la responsabilité de s’assurer des conséquences non anticipées, négatives. Selon ces politiques, on doit toujours s’assurer que les gens souvent affectés par un projet quelconque soient au même niveau de prospérité avant le projet ou mieux. Dans la construction des routes par exemple si l’effort se focalise sur ces 4 axes, le travail se fait de façon synchronisée avec tous les autres secteurs (santé, éducation, agriculture…).

Après ce survol qui a permis de fixer les esprits sur le sujet de la rencontre, beaucoup de questions ont été posées sur la nécessité d’une éducation préalable de la population pour que l’axe trois  celui de la redevabilité puisse avoir un sens. La croissance sans retombées sur le vécu quotidien de la population, comment faire pour inverser la tendance ? La destruction des étals sans prise en compte du volet indemnisation etc… ont été les quelques préoccupations soulevées dans un premier temps.

La question de l’impact des projets sur la vie des populations demeure un problème au cœur des préoccupations de la Banque Mondiale ont reconnu les intervenants. Parce que la croissance en soit n’est pas un objectif. Il faut donc une croissance pour la population, une croissance pour un pays, ont-ils laissé entendre. Voilà pourquoi dans les différents projets de la Banque il existe toujours des indicateurs très précis pour mesurer comment les interventions affectent les gens. Or, il n’est pas toujours facile de trouver des indicateurs qui soient mesurables. C’est tout un art, a dit Maninder Gill..

Tentant d’expliquer cette question qui revient toujours, Ahmadou Moustapha Ndiaye a laissé entendre que la croissance de la RDCongo a été une croissance de rattrapage. C’est-à-dire intervenue après des guerres.

Au-delà, la croissance qui a porté essentiellement sur le secteur minier à savoir, après exportation, à rémunérer les capitaux étrangers. Ensuite, ce développement du secteur minier n’a pas abouti à une sous-traitance congolaise captant cette croissance. La sous-traitance congolaise étant absente, cette croissance n’a donc pas bénéficié aux Congolais. Si l’on veut  d’une croissance inclusive, elle doit toucher essentiellement l’agriculture par exemple. N’empêche, le secteur minier est un secteur important parce que c’est le levier des secteurs productifs dira encore Ahmadou Moustapha Ndiaye.

D’autres questions ont été abordées dont celles relatives à la lutte contre la pauvreté, les enfants de la rue, les déplacés intérieurs etc.. Avant de clore la séance à la satisfaction de tous.

Philippe Mbayi Wete.

 

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