Augmentation des frais des bulletins scolaires : Le ministre de l’EPSP jette de l’huile sur le feu

Le récent arrêté du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) fixant les frais des bulletins scolaires à 1000 FC risque de mettre de l’huile sur le feu lors de la prochaine rentrée scolaire. Les parents qui sont déjà asphyxiés par de nombreux frais à payer ne vont pas digérer cette nouvelle  » taxe  » que leur impose le ministre PPRD de l’EPSP, Gaston Musemena. Il sied de souligner que l’ancien taux de 250 FC était dérisoire et les parents pouvaient bien s’en passer sans beaucoup de problèmes.

 

Avec cette sensible augmentation de 400%, d’aucuns sont montés au créneau pour fustiger la décision du ministre qui entre en contradiction flagrante avec les engagements souscrits par le gouvernement dans sa Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF) 2016-2025, l’agenda Education 2030 et l’Objectif du développement durable  4.

L’arrêté ministériel querellé énerve les dispositions pertinentes de la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF) 2016-2025 et le Partenariat mondial de l’éducation (PME). Dans la formulation de ces documents, les partenaires techniques et financiers (PTF) et les délégués de la Société civile ont formulé des recommandations que le gouvernement est appelé à mettre en application et, dès lors, voir de quelle manière éliminer tous les frais qui empêchent les enfants d’accéder et de terminer leurs études.

Il est étonnant et même curieux de constater que le ministre de l’EPSP va à l’encontre de l’esprit et de la lettre de cette stratégie. Plus grave encore, selon cet arrêté ministériel, les bulletins seront vendus même aux niveaux maternel et primaire, alors que la loi suprême de la RDC dispose que l’enseignement primaire est gratuit, hormis les villes de Kinshasa et Lubumbashi.

Pour certains analystes, le ministre a pris cet arrêté pour des raisons purement égoïstes comptant sur des dividendes pécuniaires que cette opération de vente des bulletins va lui rapporter.Il y a peu, le même ministre s’est illustré par une décision unilatérale en autorisant la proclamation des résultats de l’examen d’Etat à d’autres opérateurs de téléphonie cellulaire sans passer par la procédure des marchés publics. Ici aussi il s’est agi d’une affaire des gros sous. Jusqu’où ira ce ministre qui ne tient pas compte des engagements pris par l’Etat ?

 

Silence suspect des députés et de l’Anapeco

Ce que les parents ne comprennent pas et ne s’expliquent pas est le silence des élus du peuple face à cette mesure du ministre qui va sans doute mettre mal à l’aise de très nombreux parents. Les députés sont encore en pleine session et personne d’entre eux ne montre son doigt pour interpeller le N° 1 de l’EPSP.Pourquoi celui-ci est-il épargné alors que son collègue de la Justice est sous le coup d’une motion de censure suite à l’affaire de nombreuses évasions enregistrées dans quelques prisons ?

L’Association nationale des parents d’élèves du Congo (Anapeco), de son côté,  est tout simplement indifférente par rapport à l’arrêté du ministre de l’EPSP. L’on se demande finalement à quoi sert cette association sensée défendre les intérêts des parents. Sans doute que les responsables de cette structure vont  » se retrouver  » dans cette opération comme ils le sont dans les frais scolaires ?

Alors que les Congolais reconnaissent que le système de la prise en charge des enseignants par les parents a contribué gravement à la baisse de la qualité de l’enseignement et que le moment est arrivé pour engager un débat de fond sur cette question, le ministre de l’EPSP veut ouvrir un autre front pour enfoncer davantage le système éducatif congolais et consacrer le génocide intellectuel de la jeunesse.

Le ministre de l’EPSP vient de prendre là une mesure qui ternit l’image de l’Etat congolais accusé à tort ou à raison de ne pas respecter les engagements auxquels il souscrit librement. Dans le cas d’espèce, l’Etat s’est engagé, au moment de l’adoption de la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation, à permettre aux PME de financer le projet Ecole pour tous (EPT).  Selon cet engagement, la RDC a promis aux PME de réduire, mieux encore d’éliminer tous les frais qui empêchent les enfants à accéder à l’école. Malheureusement cette bourde du ministre ne provoque aucune réaction de la part de ceux qui sont sensés parler au nom du peuple.

Rombaut Ot

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