Avion abattu à Kindu en 1998 : Alexis Thambwe Mwamba  visé par une enquête en Belgique

Des détournements de biens publics, crime contre l’humanité, un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines  abattu près de Kindu, province du Maniema en 1998 avec 50 personnes à son bord…Voilà l’essentiel qui constitue la plainte déposée en Belgique par plusieurs familles de victimes de ce crash provoqué par la rébellion, le Rassemblement  congolais pour la démocratie (RCD) dont l’actuel ministre de la Justice et Garde des sceaux était membre.

Ce dossier fait suite à une plainte, pour crime contre l’humanité, introduite par l’avocat de ces familles, Alexis Deswaef, il y a près d’un mois, selon le journal belge La Libre Belgique.

A en croire la consoeur belge,  c’est le juge Michel Claise qui vient d’être désigné par le parquet de Bruxelles pour se charger de l’instruction dans ce dossier sulfureux visant notamment Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice. Ce dossier fait suite à une plainte, pour crime contre l’humanité, introduite par l’avocat Alexis Deswaef il y a près d’un mois.

La plainte porte aussi sur des détournements de biens publics, un volet du dossier dans lequel le nom de la fille du ministre est également mentionné, fait savoir la source.

La plainte a été déposée par plusieurs familles de victimes du crash d’un avion. L’affaire remonte au 18 octobre 1998. Ce jour-là, les combats font rage aux abords de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, entre les troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie (RDC) et les forces gouvernementales de Laurent Désiré Kabila. Lorsque l’avion, un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines transportant 50 personnes (43 civils, essentiellement des femmes et des enfants, et 7 membres d’équipage) qui survole la zone est abattu.

Alexis Thambwe Mwamba, membre influent du groupe rebelle du RCD, avait à l’époque justifié le tir du missile (un Sam 7) sur l’appareil par le fait que l’avion était sur le point d’atterrir à Kindu avec des militaires pro-Kabila à son bord. Une version qui avait été, à l’époque, immédiatement démentie par les responsables de la compagnie aérienne et de nombreux témoins. Selon plusieurs témoignages, l’avion avait décollé de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, transportant des civils qui cherchaient à fuir.

Près de 20 ans après, cette tragique affaire remonte à la surface avec la plainte des familles de nombreuses victimes qui portent plainte.

Domicilié à Uccle à Bruxelles, Alexis Thambwe Mwamba séjournerait d’ailleurs en Belgique en ce moment où la nouvelle est tombée, selon la Libre Belgique.

Cette affaire vient assombrir l’avenir d’Alexis Thambwe Mwamba qui se trouve sous le coup d’une motion de défiance à l’Assemblée nationale pour de nombreuses attaques des prisons congolaises depuis le 17 mai suivies d’évasions spectaculaires de prisonniers et détenus. Pour le ministre de la Justice, c’est une épine de plus dans le pied, alors que son nom est de plus en plus évoqué sur la liste des futurs responsables congolais susceptibles d’être sanctionnés par l’Union européenne.

Alors que nous étions sous presse hier dans la journée, quelques médias en ligne faisait état, avec réserve – de l’interdiction faite à Alexis Thambwe Mwamba de quitter le territoire belge où il séjournait depuis quelques jours, son cabinet, cité par Actualité.CD, un média en ligne, ont démenti cette information, affirmant que Thambwe Mwamba n’a pas été empêché de quitter Bruxelles, qu’il se trouvait d’ailleurs à Genève en Suisse « .

 » Même s’il  était à Bruxelles, il est couvert par l’immunité. Mais, il n’est même pas à Bruxelles. Depuis deux jours, il était à Genève et il doit même être sur le chemin de retour » a déclaré le chargé de communication de Thambwe Mwamba, M. Amuli ; cité par la source.

 

Un juge d’instruction aguerri

En désignant le juge Michel Claise pour instruire ce dossier, précise La Libre Belgique, le parquet de Bruxelles sait qu’il le confie à un des juges les plus en prise avec la réalité congolaise. En effet, Michel Claise instruit déjà, notamment, le dossier Duferco-Kubla-Princesse Odette dont la trame essentielle se déroule à Kinshasa et avait déjà instruit, en 2003, un dossier dans lequel on retrouvait Alexis Thambwe Mwamba, présenté alors comme « le roi du cobalt ».

F.S.

Related posts