Calme précaire dans le Kasaï : Des superviseurs de la dissertation attaqués par des présumés miliciens de Kamwina Nsapu

Alors que dans les milieux officiels, l’on parle du calme, mieux, de la paix instaurée dans le Kasaï-Central, il  nous revient que des présumés miliciens de Kamwina Nsapu ont attaqué le  dimanche 30 avril dernier, à différents endroits, des superviseurs de l’épreuve de dissertation, en perspective de l’examen d’Etat, édition 2017.

Suite à ces attaques,  les élèves de ce coin du pays, n’ont pas finalement participé à cette épreuve, qui a eu lieu hier mardi 2 avril sur l’ensemble du territoire national.

Pourtant, bien avant, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), Gaston Musemena assurait que toutes les dispositions sécuritaires étaient prises pour la réussite de l’opération dans l’espace Kasaï.

Malheureusement, c’était sans compter avec les velléités du nébuleux phénomène Kamwina Nsapu, qui devient pratiquement une calamité.

Radio Okapi qui se fait l’écho  du récent acte posé par ces présumés miliciens, indique que dans la localité de Kamuanga, en territoire de Dibaya, à plus de 30 km au Sud-est de Tshimbulu, le chef de sous-division de l’EPSP et des inspecteurs partis de Tshimbulu pour réceptionner les malles des dissertations ont été cueillis par les miliciens  qui les ont libérés après avoir payé une rançon.

La même source poursuit en  signalant qu’à Bitanda,  une autre localité du même territoire, des miliciens ont arraché la clef de contact du véhicule qui transportait les malles convoyées par les agents de l’EPSP.  Ces miliciens protestent ainsi contre le paiement par les élèves des frais de participation à la dissertation. L’équipe aurait été libérée après une longue discussion.

Même scénario dans le territoire de Kazumba, rapporte notre source, où le véhicule des inspecteurs qui déposait les agents dans divers centres a été intercepté dans les environs de Bilomba par ces présumés miliciens. Ces responsables de l’EPSP ont été séquestrés et ont dû laisser des sommes d’argent aux parents, de contrôle routier.

Un inspecteur a été grièvement blessé à la machette, rapporte radio Okapi ses collègues et les blessés ont été obligés de rebrousser chemin avec les questionnaires, après avoir servi deux des quatre centres d’examen.

Par ailleurs, un groupe de miliciens a fait incursion le matin de samedi 29 avril à la mission catholique Dibanga à 60 km de Banaleka, en territoire de Demba. Des témoins sur place ont indiqué qu’ils ont mis le feu sur tout ce qui appartient à ‘Eglise catholique notamment le centre de santé, les motos des médecins, la cure et le couvent des sœurs. Mais pourquoi cette aversion sur les catholiques ? s’interroge-t-on.

D’après les autorités locales, ces incidents font peur aux élèves finalistes des humanités et nécessitent une sensibilisation des miliciens sur le bien-fondé de cet examen et la présence  des forces de l’ordre pour sécuriser les élèves.

Au regard de tout ce qui précède, il y a tout lieu de dire qu’en dépit de l’accord de paix signé et la nomination du nouveau chef coutumier, succédant de Kamwina, la situation sécuritaire demeure  précaire.

Maurice Bakeba

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