Ce mercredi 9 août 2017 au commissariat général de la PNC : 31 terroristes du Bundu Dia Kongo présentés aux officiels et à la presse

Nous écrivions dans l’édition d’hier que le Bundu Dia Kongo, appelé aussi Bundu Dia Mayala, avait appelé la population à observer une journée  » ville morte  » en date du lundi 7 août 2017, mais cette formation politico-mystico-fétichiste n’en a pas joué le jeu, d’autant que par des tracts lancés il y a quelques temps, l’on était en droit de penser que le BDK allait calmement faire les comptes au soir du 7 août pour évaluer si oui ou non, et dans quelle proportion son mot d’ordre aurait été suivi. L’ex-député national Ne Muanda Nsemi n’a décidément pas choisi l’attitude républicaine, parce qu’il a lancé ses troupes sur la voie publique, de façon à ce que par les violences que celles-ci allaient orchestrer, il s’en dégage la panique et la terreur qui motiveraient les habitants à se terrer chez eux ; et dans ce cas, des esprits moins avisés sur les questions congolaises clameraient que l’appel à la journée  » ville morte  » a été respecté.

 

Ni plus ni plus des actes terroristes

La descente sur le terrain des assaillants du Bundu Dia Kongo s’est soldée par un désastreux bilan humain, tirant profit de l’exploitation de la surprise, aussi bien sur le lieu que sur le moment de l’attaque.

Deux tués et trois blessés graves ont été enregistrés à Kinshasa dans les rangs des forces de l’ordre. Pour les tués, il s’agit respectivement du commissaire supérieur adjoint Divua Dinzila Dikanda Richard, commandant du commissariat de la police à Selembao Nord, et du commissaire principal Ilunga Ngwambete Jean-Marie, commandant second chargé des opérations à l’escadron mobile d’intervention Funa. Les deux qui succomberont de leurs blessures, ont été lynchés à coups de machettes, de gourdins, de tenailles, etc.

Quant aux hommes en uniforme grièvement blessés, toujours à Kinshasa, trois ont été victimes de la furie des assaillants du Bundu Dia Kongo : le commissaire adjoint Kininga Kikanda Jeannot, commandant second  en charge de l’administration au sous-commissariat de police de Lubudi, au commissariat de Selembao ; l’agent de police Makambo Mpiluka du sous-commissariat de police Inga ; ainsi qu’un membre de la prévôté militaire.

Dans la province du Kongo Central, les miliciens du Bundu Dia Kongo  ont tué le sergent-major Yaniwe Landu de la police militaire, à Muanda ; et blessé grièvement deux policiers à Matadi.

Ce bilan a été fourni par le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, au cours de la présentation qu’il a faite, ce mercredi 9 août 2017, ‘un échantillon de terroristes du Bundu Dia Kongo aux officiels du gouvernement et  l’appareil sécuritaire, ainsi qu’à la presse. Après la commission de tels actes entraînant plusieurs atteintes à l’intégrité physique, particulièrement des représentants de l’ordre policier et militaire, comme en France, en Grande-Bretagne, en Belgique, Allemagne, pour ne citer que ces quatre pays européens, on ne peut plus ergoter sur la nature et la gravité des attaques perpétrées le lundi 7 août 2017 par des fanatiques endoctrinés et drogués…

Sous d’autres cieux, ces actes de violence ne s’appellent pas autrement que le terrorisme. Pour être précis, c’est du  » terrorisme marginal « .  Un expert en la matière comme le français Jacques Baud, circonscrit ce terrorisme comme  » le fruit d’une poignée de fanatiques, qui tentent d’entamer un processus révolutionnaire, mais sans aucun support populaire « . Le débat est donc clos entre ceux qui croient que le terrorisme n’est l’affaire que des intégristes islamiques voulant en découdre avec les intérêts occidentaux. Point trait.

 

L’identité des terroristes présentés

Revenons à la communication du porte-parole de la police nationale pour lister les membres du Bundu Dia Kongo qui se sont comportés en terroristes, peu importe qu’ils aient pué des fétiches comme on en trouverait dans les officines des féticheurs et autres charlatans.

Ils ont été présentés selon la commune où ils ont été récupérés par la police lors des affrontements qu’ils ont provoqués avec les éléments de cette dernière.

Suivez !

Commune de Bumbu. Un terroriste du nom de Matungulu Maurice.

Commune de Selembao. Cinq terroristes : 1) Bungiena Malungidi, meneur et chef de bande, 2) Mbambi Fiston, 3) Nzuzi Guelor, 4) Muanda Mbambi et 5) Elumba Cédric.

Commune de N’Djili.  10 terroristes : 1) Nlandu Vangu, féticheur attitré chargé de conditionner les assaillants par des pratiques occultes supposés leur conférer une invulnérabilité face aux forces de sécurité et de défense, 2) Kuvituanga Mwala, 3) Nsimba Nlongo, 4) Lusikila Kwa Nzambi Evange, 5) Mundamba wa Zayakana, 6) Diameso Kebadio, 7) Nsimba Landu, 8) kunguluka kuseka, 9) Mbo Manwana et 10) diamangana Guelor.

Commune de Matete. Trois terroristes : 1) Mengi Nzolantima, meneur et chef de bande, 2) Likoka Casimir Antoine et 3) Puebo Makwala.

Commune de Ngaliema, au niveau de l’Université Pédagogique Nationale (UPN). Huit terroristes, parmi lesquels quatre sont venus de la province du Kongo Central : 1) Ntunu Dibuidi, meneur et chef de bande, 2) Nsumbu Luyindadio Thérèse, féticheuse du groupe, 3) Mbanzulu Zakanda, 4) Nzuzi Kivovidi Kiakanda, 5) Makose kala, 6) Ngina-Mau Bwata, 7) Lubadika Ivette et 8) Makambilwa wa Kenge Omari.

Commune de Kimbanseke. Quatre terroristes : 1) Landu Mambu, meneur et chef de bande, 2) Nkambidio Diwambaka, 3) Nkosi Dimbu et 4) Bianga Badiankina Joséphine.

 

Trois objectifs cumulés de prise de pouvoir

Les différents assaillants qui ont été neutralisés et/ou fixés par les forces de l’ordre pour ne pas aller plus loin comme ils l’avaient programmé, poursuivaient trois objectifs, en considération des premiers éléments d’investigations recueillis sur ceux qui ont été interpellés.

Sur l’axe autour de l’Université Pédagogique Nationale, l’objectif des assaillants était de progresser jusqu’à investir le Centre d’Emission de Binza-Pigeon, grâce auquel la presque totalité des chaînes de télévision et de radiodiffusion émet, par les antennes et les équipements connexes qui y sont installés.

S’agissant de l’axe Selembao-Bumbu, les assaillants avaient pour mission d’évoluer jusqu’au siège de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), en vue d’y rendre publique une déclaration de prise de pouvoir par le Bundu Dia Kongo.

Concernant l’axe Sainte-Thérèse à N’Djili – Kimbanseke, les assaillants avaient été chargés d’atteindre l’aéroport international de N’Djili et d’en prendre possession.

Nous y reviendrons.

Valéry Mankenda

 

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