Centrale hydroélectrique Inga III : Kinshasa veut une alliance sino-espagnole

Se regrouper en vue de soumettre une offre unique, telle est la volonté des autorités congolaises qu’elles ont annoncée mardi 13 juin au consortium chinois et à son concurrent espagnol en lice pour le contrat de construction du mégabarrage hydroélectrique d’Inga III.

       Les deux groupements d’entreprises en compétition sont un consortium chinois, emmené par Three Gorges Corporation (gestionnaire du gigantesque barrage des Trois-Gorges en Chine) et un autre autour du groupe de BTP espagnol ACS.

Dans un communiqué, l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI), rattachée à la Présidence de la République et créée spécialement pour gérer ce grand dossier, a fait savoir que les deux groupements concernés avaient […]  » été invités, en considération de leurs dossiers de réponse, des enjeux du projet et des développements pertinents du marché et de la demande, à prendre toutes dispositions utiles afin de constituer un groupement unique devant présenter une offre optimisée « .

Alors qu’en septembre 2016, le directeur de l’ADPI avait avancé l’échéance de 2021 pour la production des premiers mégawatts que pourrait produire ce grand barrage, rien de précis n’a été dit dans ce communiqué cité par l’AFP à propos de cette échéance.

La décision des autorités congolaises au sujet de la soumission de l’offre est de nature à retarder l’exécution de ce projet pharaonique, en gestation depuis une trentaine d’années, alors que le gouvernement congolais avait annoncé précédemment son intention de désigner le  » concessionnaire avant la fin de l’année 2016  » pour un lancement des travaux en 2017.

Ainsi, alors qu’on est à la mi-2017, rien n’est encore fait qui puisse montrer que le projet tant attendu est en passe de commencer.

Il est prévu qu’Inga III ambitionne de compléter les deux centrales vieillissantes mises en service, à l’époque du Maréchal Mobutu, entre 1972 et 1982 aux chutes d’Inga sur le fleuve Congo, à 260 km en aval de Kinshasa.

Le futur barrage doit produire 4.800 MW (l’équivalent d’environ trois réacteurs nucléaires EPR de troisième génération) dans un pays où le problème de fourniture en courant électrique reste d’actualité, si bien que moins de 10% des habitants ont accès à l’électricité.

Cependant, il n’y a rien d’intéressant à attendre de ce côté. En effet, on note que si le projet se concrétise enfin, la population congolaise ne devrait cependant pas bénéficier beaucoup de la lumière produite par Inga III.

L’Afrique du Sud a en effet signé une option préférentielle pour récupérer 2.500 MW – un peu plus de la moitié de la production énergétique attendue – et la majeure partie du reste de la production est censée alimenter les groupes miniers du Katanga (sud-est), handicapés dans leurs activités par une pénurie chronique d’énergie.

A la mi-2016, la Banque mondiale avait brutalement suspendu sa participation au projet (sous forme d’un don de plusieurs dizaines de millions de dollars), car elle a reproché aux autorités congolaises d’avoir donné  » au projet une orientation stratégique différente  » de ce qui avait été convenu initialement.

Kléber Kungu

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