Couac dans l’enrôlement des électeurs : La CENI invitée à rectifier le tir

Le début de l’opération d’enrôlement des électeurs à Kinshasa est caractérisé par une lenteur inadmissible des opérateurs de saisie (OPS) dont la plupart ne semblent pas avoir des notions élémentaires en informatique. De là à accuser les responsables de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de complaisance dans le recrutement de ces agents, il n’y a qu’un pas qu’on est vite tenté de franchir. En plus, dans l’organisation même de cette opération, nous nous rendons compte que la planification n’a pas été de rigueur.

Pour preuve, c’est seulement hier lundi 12 juin que le centre d’inscription (CI) situé à l’Alliance franco-congolaise/Lemba a ouvert ses portes alors que la CENI a fait croire au public que tous les CI étaient opérationnels. Suite au couac enregistré en ce début d’enrôlement dans la capitale, la centrale électorale est appelée à changer impérativement de tir. Si non, elle va enregistrer un fiasco dans une grande métropole où elle attend le plus grand nombre d’enrôlés par rapport aux autres provinces.

La révision totale du fichier électoral est une option levée par le dialogue de la Cité de l’Union africaine (UA) sur conseil des experts de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui ont déclaré le fichier de 2006 de corrompu. Mais la méthodologie mise en place par Corneille Nangaa et son équipe pour l’accomplissement de cette activité a été fortement critiquée par les experts en matière électorale et l’opposition politique. D’aucuns n’ont pas compris le fait que Corneille Nangaa qui avait travaillé dans l’ex Commission électorale indépendante (CEI) de feu abbé Appolinaire Malumalu

n’ait pas adopté la même approche que celle de 2006 où toute l’opération d’enrôlement s’est déroulée en une seule cadence. Le comportement de l’actuel président de la CENI procéderait-il d’un plan savamment monté pour tirer le processus électoral en longueur pour des dividendes personnels, ce au détriment de millions de congolais ?

 

Nord Idiofa : aucun centre d’inscription n’est opérationnel

La ville de Kinshasa n’est pas la seule à connaître des balbutiements dans l’opération de la révision du fichier électoral. Dans la province du Kwilu, plus précisément au nord du territoire d’Idiofa, jusqu’à ce matin du mardi 13 juin 2017 aucun centre d’inscription n’avait entamé l’enrôlement des électeurs. Pourtant cette partie de ladite entité comprend trois grandes cités qui ont en moyenne 150.000 habitants. Il s’agit de Mangai, Dibaya-Lubwé et Panu, situés sur la rivière Kasaï. Aucune explication claire n’est donnée par l’antenne de la CENI/Idiofa pour justifier ce couac.

C’est pourquoi, les leaders du coin habitant la ville de Kinshasa se sont retrouvés le dimanche 11 juin, à l’Alliance franco congolaise de Lemba, pour réfléchir sur cette situation qui, en définitive, risque d’impacter négativement sur le nombre d’enrôlés dans les cités, secteurs et villages de la partie nord d’Idiofa. A ce propos, il a été mis en place un petit comité qui a été chargé d’entrer en contact avec la CENI pour trouver des voies et moyens de pallier toutes les lacunes décriées.

Au cours de cette rencontre dont l’essentiel a été consacré au processus électoral en cours, les participants se sont accordés sur les stratégies à mettre en place pour  sensibiliser et mobiliser un plus grand nombre de personnes majeures à s’enrôler. Les uns et les autres ont estimé que c’est de cette seule manière que ce coin important du territoire d’Idiofa peut espérer gagner quelques sièges sur les douze que compte arracher cette entité politico-administrative au cas où elle compterait plus de 500.000 enrôlés.

A propos de l’idée de faire adhérer tous les habitants du coin à un seul parti politique, les échanges ont été chauds. Ceux qui réfutent cette proposition estiment qu’en démocratie on ne peut imposer à des majeurs un choix politique, encore que ce parti politique risque d’avoir une connotation tribale dont les ambitions seraient très limitées. Par contre, ceux qui défendent cette option voient avant tout le positionnement des élus de ce parti qui seront pris en compte en cas de partage des responsabilités dans les institutions à mettre en place après les élections. Ce débat fera l’objet d’échanges lors des prochaines réunions.

Rombaut Ot

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