Demande de démission du questeur-adjoint de la CENI : Les trois péchés du MLC à la  plénière du 5 juin

Fidèle Babala et Micheline Bie Bongenge vivent à couteaux tirés depuis quelque temps. Et pour cause ?

Le premier, c-à-d Fidèle Babala a introduit au bureau de la chambre basse du Parlement une lettre (appuyée par une décision) dans laquelle il sollicite le remplacement de Madame le questeur-adjoint de la CENI, Micheline Bie Bongenge par une autre personne, mieux, par une personne proche de ses convictions. A ce sujet, il a brandi les textes de l’Accord de la St Sylvestre stipulant que les parties signataires sont libres de procéder dans le délai de 14 jours, à dater de la signature du présent Accord, au remplacement de leurs délégués conformément à la loi en la matière.

Au cours de la plénière du 5 juin, cette question était à l’ordre du jour et il y a eu plusieurs intervenants, lesquels ont, pour la plupart estimé que le MLC a fait  une interprétation minimaliste dudit Accord, commettant ipso facto trois péchés capitaux à savoir : la séparation de l’argument politique de l’argument juridique ; le rejet délibéré de ses propres textes réglementaires dans la prise de cette décision et la mise à l’écart du groupe parlementaire détenteur du poste de questeur adjoint de la CENI.

Aussi, le MLC, représenté ici par Fidèle Babala ne semble pas tenir compte du délai dans lequel le remplacement en question devait se faire  » 14 jours « .à dater du 31 décembre au 5 juin, il faut reconnaitre que cinq ans se sont écoulés, les intervenants ont démontré que le MLC, en signant cette décision quant au remplacement de Micheline Bie Bongenge n’a pas respecté la loi organique modifiant et complétant la loi N° 10/013 du 20 juillet  2010 portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante, ainsi que les textes réglementaires du MLC, autrement dit le Statut et le Règlement intérieur. Non sans indiquer que le MLC n’a pas fait attention au fait que l’article 14 de cette loi organique qui évoque la démission comme l’une des causes de cessation de mandat d’un membre du bureau ou de  la  plénière est complété par une autre disposition, stipulant que tout membre qui prête serment à la CENI ne reçoit plus d’injonctions en dehors de la CENI. Une façon de dire que la démission du membre de  la   plénière est volontaire et non forcée. En clair, il faut négocier avec l’intéressé, ici, Micheline  Bie Bongennge et non la forcer car, la loi interdit cette contrainte.

Une autre erreur notée par les intervenants sur cette demande du MLC relève de l’arbitraire, à maints égards : il n’existe pas dans les textes réglementaires du MLC un organe de décision dénommé  » Direction politique  » mais plutôt  » Bureau politique  » ; la décision de démettre Madame le questeur-adjoint, qui n’est pas accompagnée d’un P.V de la réunion n’émane pas du  » Bureau politique  » qui existe ; au vu des documents déposés au Bureau de la chambre basse, Madame le questeur-adjoint n’a jamais été invitée par le parti pour parler de cette démission ; il est clair que la décision de la démission n’est ni celle du parti, ni celle de la composante politique mais de la volonté de nuire pour des raisons non autrement identifiées.

Après la plénière du lundi 5 juin, une autre était prévue hier jeudi 8 juin 2017 mais elle n’a pu avoir lieu pour des raisons non connues de la presse.

Pour les autres membres du groupe MLC et alliés, il est hors de question que Madame le questeur-adjoint de la CENI démissionne par la volonté du seul MLC représenté par Fidèle Babala. Pour eux, cette question et devait réunir les membres de tout le groupe MLC et alliés. Pour l’heure, avec les opérations d’enrôlement et identification qui ont pris leur vitesse de croisière, il semble qu’il est trop tard et que la demande du MLC apparait comme un coup d’épée dans l’eau.

Magister Baseke

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