Des miliciens Kamwina Nsapu ne désarment pas encore : Des inspecteurs de l’EPSP décapités au Kasaï

Trois inspecteurs de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) qui convoyaient des malles contenant les sujets de dissertation de l’examen d’Etat 2017 vers les centres d’examen de cette épreuve prévue le mardi 2 mai, ont été décapités dimanche 30 avril par des présumés miliciens Kamwina Nsapu, dans le village de Kafuba, territoire de Kazumba, à environ 140 km de Kananga, au Kasaï Central (centre de la RDC).

Ces inspecteurs étaient au total quatre, mais trois dont deux femmes ont été décapités. La quatrième personne qui est originaire du village de Kafuba a été épargnée, tandis que le véhicule qui les transportait a été retrouvé abandonné sur la route, selon l’Agence de presse associée (APA).

Mais selon la BBC, il s’agit de cinq inspecteurs de l’EPSP qui ont été égorgés par les miliciens Kamwina Nsapu dans le territoire de Kazumba.

La source cite Maître Jean René Tshimanga, président de la société civile du Kasaï Central qui a affirmé que « les inspecteurs qui se rendaient dans un centre pour distribuer les questions de ces examens dans le territoire de Kazumba (étaient) tombés dans une embuscade tendue par les miliciens Kamwina Nsapu. Quatre ont été égorgés avec leur chauffeur. Il y a eu un rescapé qui a pu donner l’information « .

Me Tshimanga a soutenu que l’un de leur point focal sur place qui s’est rendu sur les lieux a confirmé la décapitation de ses inspecteurs. Il estime que  » dans l’arrière province, il existe encore des poches de turbulence, même si le calme est revenu dans une grande partie « .

Il soutient que dans les centres où les inspecteurs ont été tués, il n’y aura pas d’épreuves d’examen d’Etat parce que les enveloppes qui contenaient les questionnaires ont été brûlées

La source ajoute qu’un autre groupe d’inspecteurs a été également intercepté par d’autres présumés miliciens dans un autre village du territoire de Kazumba mais ce dernier groupe s’en est bien tiré à l’exception du superviseur qui a été grièvement blessé.

Les miliciens ont contraint leur véhicule à rebrousser chemin. Ce véhicule est arrivé dans la matinée du lundi 1er mai à Kananga, chef-lieu de la province du Kasai-Central, où le superviseur a été admis aux soins médicaux.

 

Démenti de Lambert Mende

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a démenti l’information de la Société civile du Kasai-Central faisant état de la décapitation de  cinq inspecteurs de l’EPSP. Pour Lambert Mende cité Politico.CD, il s’agit d’une prise d’otage opérée par  » des bandits « , mais qui se serait soldée par une libération.

 » Le député de Kazumba affirme qu’ils sont vivants, ils n’ont pas été tués comme prétendu. L’honorable Kamukuny, qui est élu de Kazumba a dit avoir reçu des précisions qu’il y a de fausses informations. Ils [les inspecteurs] ont été enlevés, il y a eu des négociations entre les bandits qui les avaient enlevés et les autorités locales qui ont réussi à les récupérer « ,  a-t-il expliqué.

Pour le porte-parole du gouvernement, les milices Kamwina Nsapu ne sont pas derrière cet  » enlèvement « .  » Ce n’est pas les Kamuina Nsapu, les Kamuina Nsapu sont à Dibaya, là nous sommes à Kazumba. Ce sont des bandits qui opèrent et qui, pour terroriser leurs victimes, se présentent comme les Kamwina Nsapu. Ils se font passer pour les Kamwina Nsapu parce qu’on a tellement fait de la publicité, que quand on les cite, les gens sont pris de terreur… « ,  a-t-il ajouté.

D’autres attaques des miliciens ont été signalées contre les inspecteurs délégués à l’Examen d’Etat dans d’autres parties de la province du Kasaï central.

Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), Gaston Musemena, avait pourtant affirmé dimanche 30 avril que les finalistes du secondaire allaient passer leur épreuve de dissertation de l’Examen d’Etat 2017 sur toute l’étendue de la République,  » même dans l’espace du grand Kasaï « , en proie à des violences dues aux affrontements entre forces de l’ordre et miliciens Kamwina Nsapu.

La RDC organise à partir de mardi 2 jusqu’au 15 mai, sur toute l’étendue du pays, l’épreuve dite  » hors-session  » de l’examen d’Etat qui comprend : la dissertation, le français oral et pratique professionnelle. L’examen d’Etat proprement dit est prévu au mois de juin prochain.

En 2016, environ 650.000 candidats ont pris part à cet examen qui est organisé aussi bien sur l’ensemble du pays qu’en dehors des frontières nationales notamment au Congo-Brazzaville, en Angola, en République Centrafricaine, au Soudan du Sud et en Tanzanie.

F.S.

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