En marge du sommet de l’UA à Addis-Abeba, La RDC réitère son engagement à lutter contre les violences sexuelles

Kinshasa  fait de la lutte contre les violences sexuelles l’une de ses priorités.  La République démocratique du Congo a profité de la tenue dernièrement du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour réitérer son  engagement à lutter contre les violences sexuelles en période de conflits, à travers le lancement du Bulletin des arrêts de la Haute cour militaire.

Le Bulletin des arrêts  présenté à la tribune de l’UA, est un recueil de jurisprudence  écrit par les magistrats de la Haute cour militaire de la RDC en partenariat avec le bureau du représentant personnel du Chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants, Mme Jeanine Mabunda, souligne la lutte en cours menée en RDC contre l’impunité des crimes de violences sexuelles, présentant une série de cas de poursuites réussies, rapporte un communiqué transmis par APO.

En ce moment où on parle de plus en plus  de la détérioration de la situation sécuritaire observée dans quelques régions de la RDC, indique-t-on,  le lancement du livre marque une étape importante pour rappeler aux institutions l’intransigeance de la RDC pour ceux qui commettent des actes de violences sexuelles occasionnés lors des conflits.

Détail important, le lancement de ce livre intervient peu de temps seulement après la publication du rapport 2016 des Nations unies qui a rapporté une diminution de 85 % des cas enregistrés de violences sexuelles liées aux conflits en RDC au cours des trois dernières années.

Des responsables diplomatiques venant de tout le continent étaient présents à l’événement y compris le Président du Gabon, Ali Bongo Ondimba. Ils étaient accompagnés de représentants de haut niveau d’entreprises et d’universités. M. Smaïl Chergui, le commissaire de la Paix et sécurité de l’Union africaine,  a aussi assisté à l’événement.  » La Commission de l’Union africaine salue les efforts de Mme Jeanine Mabunda, qui a obtenu des résultats importants et réitère son soutien pour mettre fin à ce fléau, dans tout le territoire de la RDC « , a-t-il déclaré à cette occasion.

En fait la présentation de ce document a été organisée conjointement par le représentant personnel, Mme Mabunda  et par le commissaire de la Paix et sécurité de l’UA,  M. Chergui.  Le représentant personnel a appelé à une persistance dans cette stratégie de redevabilité judiciaire, pour que les auteurs puissent rendre compte de leurs exactions.

 

Nous ne sommes pas complaisants

 » Le livre de Justice militaire est le résultat du partenariat du bureau du représentant personnel avec la Haute cour militaire congolaise traduisant les efforts conjoints en vue de combattre ce fléau en RDC. Je suis fière de lancer un livre qui met en lumière les efforts menés par nos magistrats pour protéger les femmes de ce fléau « , a signifié Mme Mabunda.

 » Nous ne sommes pas complaisants. Les combats récents, surtout dans la province du Kasaï, montrent que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Cependant, nous croyons fermement que la poursuite des auteurs tous grades confondus dans l’armée, en cas d’allégation de viols demeure une exigence, par respect et solidarité pour les victimes « , a-t-elle ajouté.

Comme indiqué précédemment, le livre de Justice militaire est une compilation de dix affaires portées devant les juridictions militaires et impliquant des crimes de violences sexuelles commis par des hommes en arme. Deux des cas emblématiques ayant fait jurisprudence concernent des cas de viols massifs en 2003 à Songo Mboyo par des milices  congolaises et les cas du général Kakwavu en 2014, violeur récidiviste, ancien seigneur de guerre.

Monsieur Jérôme Kakwavu est le premier Général congolais à être condamné dans une affaire de viol. L’affaire est considérée comme un cas d’école car il est fort rare, où que ce soit dans le monde, qu’un militaire de haut rang soit sanctionné en pareille circonstance et la RDC donne un exemple des pistes judiciaires possibles. Dans l’affaire Songo Mboyo, le tribunal militaire a condamné les militaires de crimes contre l’humanité conformément au Statut de Rome.

Il faut reconnaître que, la justice, seule, ne peut suffire à saisir ce fléau de façon holistique,  c’est pourquoi des réponses extra judicaires et préventives sont mises en route. C’est ainsi qu’à l’occasion  de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflits, célébrée le 19 juin dernier,  rappelle  que conclut notre source, la RDC a procédé, entre autres, à la modernisation d’un centre gynécologique dédié aux soins aux victimes de violences sexuelles dans  le deuxième hôpital le plus populaire de Kinshasa, l’hôpital de Kintambo, tandis que des actions de sensibilisation de proximité envers les populations sous l’autorité des bourgmestres des communes de Kinshasa ainsi que des séances de formation spécifique aux droits de l’homme pour l’armée dans les Kasaï ont été organisées avec l’appui du  bureau du représentant personnel.

Dovin Ntelolo Diasonga

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