En raison du risque de contamination par un virus mortel, Les poissons tilapias interdits d’importation et de commercialisation en RDC

Désormais,  les poissons tilapias en provenance de cinq pays dont la Colombie, l’Equateur, l’Egypte, Israël et la Thaïlande ne seront plus importés ni commercialisés sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo (RDC). Ainsi en a décidé le ministère du Commerce extérieur, dans un communiqué officiel rendu public samedi 12 août courant.

Dans un communiqué officiel rendu public samedi 12 août, le ministère du Commerce extérieur a interdit l’importation et la commercialisation, sur toute l’étendue du territoire national, des poissons appelés tilapias en provenance de cinq pays dont la Colombie, l’Equateur, l’Egypte, l’Israël et la Thaïlande.

Cette mesure est prise suite à l’alerte sanitaire faite par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur le virus  mortel qui affecte les tilapias provenant de ces pays.

Selon Radio Okapi qui cite le communiqué, des mesures de renforcement de contrôle, de suivi et de surveillance sont prises par les services des ministères de l’Agriculture, de la Pèche et Elevage, et des autres services spécialisés qui œuvrent aux frontières en vue d’éviter que de tels poissons entrent et soient vendus par la suite sur le territoire national.

Pour donner à cette mesure toutes les chances  de réussir, des instructions formelles ont été données aux différents services impliqués dans l’importation et la commercialisation des poissons tilapias.

Ainsi la même source ajoute-t-elle que des instructions ont été également données à BIVAC International, qui est un laboratoire de contrôle sanitaire et de l’environnement, en vue d’interdire l’embarquement desdits produits en direction de la RDC.

En outre, l’interdiction formelle est faite à tous  les services qui opèrent aux frontières de consigner toute cargaison contenant les poissons en provenance de la Colombie, l’Equateur, l’Egypte, la Thaïlande et Israël.

Les secrétaires généraux des ministères impliqués, à savoir le Commerce extérieur,  l’Economie nationale, l’Agriculture, Pêche et Elevage ainsi que le Commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC)  et l’Office congolais de contrôle (OCC) ont été instruits pour  s’assurer de l’exécution de ces mesures.

En juin dernier, l’Office congolais de contrôle avait déclaré avoir renforcé les mesures de surveillance des produits en provenance des 5 pays précités où des cas du  » virus de lac du Tilapia  » ont été rapportés.

La prise d’une telle mesure pour préserver la santé de la population congolaise reste une initiative louable et digne de félicitations, d’autant plus qu’elle est entourée des instructions données aux secrétaires généraux et autres services pour obtenir plus de résultats positifs quant à la réussite de cette mesure.

Nous restons convaincus que le ministère à la base de cette mesure ne va pas se mettre à dormir sur ses lauriers aussitôt la mesure prise. En effet, la RDC est particulièrement caractérisée par de nombreuses mesures prises mais qui souffrent de suivi.          En outre, c’est lorsqu’il y a un interdit que les plus véreux des opérateurs économiques opérant au Congo Kinshasa se mettent à faire parler leurs bourses garnies pour contourner les mesures en corrompant ceux qui sont censés faire appliquer les mesures. Sur ce chapitre, sur 10 personnes, le pourcentage de celles qui résistent à la vue de l’argent est fort moindre.

Il ya quelques années, la RDC qui importait 150 000 tonnes de poissons par an pour une consommation de 240 000 tonnes, n’arrive pas à satisfaire les besoins en poisson de ses 80 millions d’habitants pour un pays dont le potentiel halieutique est de 707.000 tonnes.

Cela dit, face à la mesure frappant le commerce du poisson tilapia en RDC, alors qu’auparavant les besoins du pays en poissons étaient loin d’être satisfaits, il y a lieu de craindre l’émergence des opérateurs économiques maffieux qui vont passer outre cette mesure.

Cette situation appelle l’industrialisation de la pêche restée artisanale en RDC depuis des années, alors que les besoins en poisson sont de plus en plus grands dans ce pays.

Kléber Kungu

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