Enjeux politiques : Barabas libéré, Jésus-Christ crucifié

En lisant la bible, c’est-à-dire la parole de Dieu, nous apprenons comment Jésus-Christ qui est Seigneur a accepté de revêtir ce corps corruptible jusqu’à naître dans une étable d’animaux. Non seulement ça, mais aussi son enfance, son adolescence jusqu’à sa condamnation  par les Juifs. Ces Juifs qui  se sont prononcés à l’unanimité pour que Barabas, un bandit de grand chemin soit libéré et que Jésus-Christ, en qui aucun mal n’a été découvert soit condamné, jusqu’à aller mourir sur la croix.

Cette scène qui s’est déroulée avec les Juifs en Israël au premier siècle après Jésus-Christ est en train d’être vécue dans beaucoup de pays de la planète, surtout en RDC où certains compatriotes, parmi lesquels les moto-taximen (en majorité kasaïens) viennent d’être condamnés, faisant ipso facto que Zacharie Badiengisa, alias Ne Mwanda Nsemi soit lavé de tout soupçon.

Pour la justice congolaise, qui passe ici comme une justice à deux vitesses et géométrie variable, les évasions successives de prisons (à Kinshasa comme à l’intérieur), les attaques des ciats, sous-ciats, des parquets et même la scène du marché Central de Kinshasa ayant conduit à la mort de Chantal Mboyo et de son garde du corps sont l’œuvre des combattants de l’Udps.

Le vice-ministre de  l’Intérieur qui a donné cette révélation, la main sur le cœur, croit être absolument sûr de ce qu’il dit, même si toutes ces attaques ne sont pas revendiquées comme ça se fait sous d’autres cieux. Et ce même vice-ministre (tout le monde le sait), pour être élu député en 2011, a adhéré à une structure (SET) pour soutenir E. Tshisekedi, qui, depuis 1982, année de la création de l’Udps  jusqu’à sa mort le 1er février dernier était connu pour son combat non violent.

Une fois élu, le député devenu vice-ministre estime que le parti dont il s’est servi pour accéder au mangeoire devient, comme sous le coup d’une baguette magique parti disciple de la violence.

 

La mémoire de Tshisekedi profanée

Cette prise de position du vice-ministre de l’Intérieur n’est ni plus ou moins qu’une manière de profaner la mémoire d’E. Tshisekedi dont on attend des obsèques à la hauteur de ce qu’il a été de son vivant. Cet acte que pose ce vice-ministre ressemble drôlement à ce que le féticheur africain déplore quant  à la statuette, cette statuette qu’il a taillée, cette statuette à laquelle il a collé les yeux, mais cette statuette qui, avec ces yeux, regarde méchamment le féticheur qui l’a façonnée.

Aussi, ces condamnés, que je rapproche des pendus que François Villon a présentés au 14è siècle  dans l’une de ses ballades, sont, d’après le vice-ministre, membres du parti du Premier ministre. Quel paradoxe !

Accepter cette conclusion dénué de tout sens, c’est accepter que le Premier ministre, Bruno Tshibala, est en train de scier la branche sur laquelle il est assis. Populaire, il l’a démontré lors de sa descente mercredi de la semaine passée à l’Hôtel Africana Palace et Lingwala.

A en croire les allégations du vice-ministre, tous ces gens regroupés autour du Premier ministre avec des banderoles et des drapelets au logo de l’Udps sont ces inciviques qui ont semé mort et désolation sur leur passage.

Non, monsieur le vice-ministre, ce n’est pas de cette façon-là qu’il faut aider le chef de l’Etat. Il a besoin des gens qui ont la tête pour faire avancer le pays, pour colmater les brèches et non des flatteurs. Il y a un jour pour être élu député sous le label du SET, il y aura un autre jour pour ne pas être élu. Peux-tu nous dire sous quel label tu vas poser ta candidature pour la prochaine législative ? Puisqu’il n’y aura plus de SET, Tshisekedi étant mort, ton avenir politique semble déjà scellé. Ça sera la nébuleuse.

Magister Baseke

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