Ex Province Orientale : Environ 20000 réfugiés sud-soudanais enregistrés dans trois territoires

Les conflits armés en cours au Soudan du Sud affectent très profondément la République démocratique du Congo, particulièrement trois territoires de l’ex Province Orientale. Plus ou moins 20000 ressortissants de ce pays voisin ont été enregistrés à la date du 16 août courant  dans les territoires de Dungu, de Faradje (Province du Haut-Uélé) et d’Aru (Province de l’Ituri) par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et la Commission nationale pour les réfugiés (CNR).

Une mission inter agence séjourne à Aru, Ingbokolo et Aba pour la mise à jour des effectifs et l’évaluation de la situation humanitaire. Dans l’entre-temps,  indique-t-on, le HCR fait actuellement face à d’importants gaps dans tous les secteurs et en appelle à une mobilisation des ressources additionnelles.

En réponse à cette problématique, le Central emergency response fund (CERF) a alloué 3,5 millions de dollars américains pour la crise des réfugiés sud-soudanais dans la province du Haut-Uélé, ciblant 12000 réfugiés et 8000 personnes de la communauté d’accueil.

Sur le plan interne, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 9000 personnes provenant du Nord-Kivu seraient en territoire de Mambasa à la suite des récents massacres perpétrés par des présumés rebelles ougandais de l’Alliance des forces démocratiques (ADF).

Pour la prise en compte de ces personnes déplacées internes (PDI), le mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP) planifie cette semaine une mission dans la zone pour évaluer la situation.  En effet, depuis 2014, la province de l’Ituri sert de refuge à plus de 60000 personnes fuyant les massacres dans le territoire de Beni au Nord-Kivu.

Malheureusement, à cause de la présence des groupes armés toujours actifs, les personnes déplacées internes et les communautés hôtes sont continuellement victimes de l’insécurité dans le territoire d’Irumu (Ituri).

 

Attaques contre la population à Irumu

Malgré la poursuite des opérations militaires dans la zone par des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC),  des groupes armés  particulièrement des miliciens du Front patriotique de résistance de l’Ituri (FRPI), multiplient des attaques contre la population civile.

C’est le cas de l’incursion opérée par des miliciens non autrement identifiés le 12 août courant dans un site spontané à Kamatsi, localité située à environ 70 kilomètres  au Sud de Bunia. Plus d’une vingtaine de ménages ont été pillés. Pendant ce temps dans la localité de

Makayanga, sur l’axe Komanda-Luna, une foire aux articles ménagers essentiels a été perturbée par d’autres hommes armés non identifiés. Ces derniers ont extorqué plusieurs biens des bénéficiaires et commerçants.

Le 16 août courant,  rapportent des sources militaires onusiennes, des éléments du FRPI ont érigé une barrière sur l’axe Boga-Burasi, dans la région de Siringi, située à environ 17 kilomètres à l’Est de Boga, violé une femme et molesté plusieurs motocyclistes et piétons.

Le même jour, nombreuses femmes en déplacement vers le marché de Koga, ont été pillées par des éléments supposés appartenir au FRPI dans la région de Zitono, située à 12 kilomètres à l’Est de Gety.

Des éléments du FRPI ont également violé une femme, molesté sept autres et pillé trente-six (36) individus à une barrière routière érigée dans la localité de Songolo Mula Ogoti, située à 44 kilomètres au Sud de Bunia.

En réaction à ces attaques, des troupes d’intervention rapide des FARDC basées dans la zone, ont été promptement projetées sur les lieux de l’incident, dans le but de mettre un terme à ces exactions et de sécuriser la région.

A la même date, quinze éléments armés du FRPI ont également attaqué la localité de Chanda, située à 7 kilomètres au Nord de Gety, pillé des biens de valeur, molesté trois individus et blessé deux  d’entre eux, qui ont été évacués vers l’hôpital de Gety pour leur prise en charge médicale.

Alertées, des troupes gouvernementales basées dans la région et à Longoda, ont été immédiatement déployées dans la zone, dans le but de repousser les assaillants, rassurer et protéger les populations locales.

Dans la nuit du 16 au 17 août courant, des présumés éléments du FRPI ont fait incursion dans la localité de Tchandam, située à plus ou moins  53 kilomètres au Sud de Bunia, pillé des biens de valeur appartenant aux villageois et blessé d’autres, dont l’un d’entre eux a été évacué vers l’hôpital de Gety pour sa prise en charge médicale.

Dans la province du Haut-Uélé,  suite à la diminution significative du nombre de cas de paludisme, Médecins sans frontières (MSF) s’est désengagée le 20 août courant des zones de santé de Pawa et Boma-Mangbetu.

 

Appui en intrants et formation au système de santé

Entre les mois de mai et d’août courant, MSF en collaboration avec les équipes du ministère de la Santé, a pris en charge près de 82000 personnes dont une majorité d’enfants de moins de cinq ans. Parmi ces personnes, environ 3000 souffraient d’une forme sévère de la maladie et ont dû être hospitalisées et plus de 1 000 transfusions sanguines ont été réalisées.

L’organisation non gouvernementale internationale a en outre approvisionné en médicaments les 32 centres que comptent les deux zones de santé et a secondé les équipes des hôpitaux de Pawa et Boma-Mangbetu ainsi que celle du centre de santé de Babonde, où le paludisme a été pris en charge gratuitement tout au long de la flambée.

Un appui en intrants et formation a été également donné au système de santé à Dingila (Bas-Uele), touché aussi par une flambée de paludisme. La Division provinciale de la santé du Haut-Uele (DPS) avait notifié plus de 312500 cas dont près de 850 décès dans les zones de santé d’Isiro, de Pawa, Wamba et Boma Mangebetu, entre le 21 mars et le 7 août courant.

Présentement, la DPS signale que le nombre de cas et la létalité ont atteint leur niveau normal, autour de 6000 cas par semaine et une létalité de moins de 0,1 % à partir du mois de juillet dernier.

Dovin Ntelolo Diasonga

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