Face au déficit d’énergie électrique en RDC : Les entreprises minières veulent importer l’électricité sud-africaine

Face au grand déficit énergétique de la SNEL, les délégués de cette entreprise publique chargée de la production et de la distribution de l’électricité et la chambre de commerce du Congo se sont retrouvés jeudi 13 et vendredi 14 avril au tour la table des négociations des importations d’électricité produite par l’entreprise sud-africaine Eskom.

L’initiative vise à réduire le grand déficit local d’énergie qui a affaibli la production minière du pays, principal producteur de cuivre du continent, renseigne l’agence d’information britannique, citant Eric Monga, le président de la chambre de commerce du Congo dans la région minière du sud-est.

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à des déficits énergétiques massifs et des précipitations devenues  » limitées  » pourraient entraîner une chute de production de près de 50% dans les principales centrales hydroélectriques du pays au cours de la saison sèche de mai à septembre.

Il y a quelques semaines, les autorités de la Société nationale d’électricité (SNEL)  avaient prévenu leurs consommateurs sur une éventuelle chute de production d’énergie de près de 50%.

L’importation d’électricité depuis l’Afrique du Sud impliquerait le transport via de centaines de kilomètres de câbles à travers le Zimbabwe et la Zambie. Un transport qui ne sera pas sans conséquence directe sur le coût de l’énergie.

 » C’est nettement plus cher […] mais l’intérêt économique est tellement formidable que nous sommes obligés d’aller discuter avec eux « , a déclaré M. Monga.

A en croire la même source, la région minière du Katanga riche en cuivre ne reçoit environ que la moitié de l’énergie dont elle a besoin de la part du réseau national, obligeant les opérateurs à s’appuyer sur des générateurs ou des importations coûteux, habituellement en provenance de la Zambie voisine.

Eric. Monga, cité par l’Agence de presse associée (APA), a déclaré à la même source que chaque société minière serait libre de négocier avec Eskom pour la quantité d’énergie dont elle pourrait avoir besoin. Les principaux opérateurs au Congo incluent Glencore, Ivanhoe Mines et Randgold.

 

40 000 MW à produire

La RDC et l’Afrique du Sud avaient décidé, il y a quelques années, d’accélérer le projet Grand Inga qui prévoit plusieurs phases d’extension des capacités de production électrique sur le site des chutes d’Inga, dans la province du Kongo-Central, où existent actuellement deux barrages construits dans les décennies 1970 et 1980, et fonctionnant aujourd’hui bien en-deçà de leurs capacités.

S’il venait à être réalisé, le site d’Inga aurait une capacité de production de 40 000 MW, soit l’équivalent de plus de 24 réacteurs nucléaires de troisième génération, qui seraient exportés jusqu’en Afrique du Sud, mais aussi vers l’Afrique de l’Ouest voire plus au Nord.

Kinshasa travaille actuellement à la première étape vers la réalisation de ce projet : Inga III basse chute, qui doit permettre à la RDC – pays où seuls 15% de la population a accès à l’électricité – de produire 4.800 MW supplémentaires.

D’un coût total estimé à 14 milliards de dollars, le projet Inga III, en gestation depuis plus de dix ans, a été ressuscité en 2013 par la promesse faite par l’Afrique du Sud d’acheter plus de la moitié de la production d’électricité du futur barrage (2.500 MW) assurant ainsi une viabilité financière au projet.

Mais peu d’avancées sont enregistrées depuis lors pour la construction de ce nouveau barrage dont les travaux devraient se terminer en principe en 2020, le gouvernement n’ayant pas encore sélectionné un entrepreneur, argumente la source.

F.S.

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