Faute d’avoir obtenu gain de cause de leurs revendications, Les agents du ministère des Affaires étrangères radicalisent leur grève

Les agents du ministère des Affaires étrangères sont  passés à la vitesse supérieure en radicalisant depuis vendredi 9 juin 2017cette fois leur grève qu’ils observaient depuis un certain temps pour le non-respect par le gouvernement de leur cahier des charges. Ils revendiquent notamment la reconnaissance du statut de diplomate, des arriérés dans la paie de leurs primes permanentes, la répartition équitable des recettes provenant de la vente des passeports.

En radicalisant leur grève, les agents du ministère des Affaires étrangères ont manifesté en barricadant l’entrée principale du ministère pour empêcher l’accès aux agents et cadres qui observaient un service minimum sur ordre de leurs syndicats avec l’espoir qu’une solution allait être trouvée.

La radicalisation de ce mouvement de grève intervient alors que Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et Intégration régionale avait promis de s’impliquer personnellement à son entrée en fonction en décembre 2016, en leur rassurant d’une suite favorable à leurs revendications. Mais depuis lors, aucune lueur d’espoir ne semble se dessiner à l’horizon

Les agents du ministère des Affaires étrangères indiquent qu’à l’instar de l’ordre des médecins, des infirmiers et du corps des avocats, les diplomates doivent aussi avoir un corps reconnu. Selon eux, le corps des diplomates est le seul qui soit  » authentique et intrinsèque « .

Pour rappel, c’est depuis le mois d’août dernier que le personnel de ce ministère est en grève. Les revendications des grévistes sont regroupées en deux parties. La première partie est d’ordre administratif et la seconde d’ordre financier. Sur le plan administratif, il s’agit de la carrière diplomatique: le statut du diplomate, le dossier promotion, le dossier d’intégration et le dossier des  nouvelles unités qui devraient être traités.

Au mois d’août,  Célestin Tunda ya Kasende, alors vice-ministre des Affaires étrangères, qui avait réagi à ce mouvement de grève, avait souligné que toutes ces revendications n’étaient pas fondées.S’agissant notamment du problème d’élévation des agents en grade, il avait indiqué que  » le processus (était) en cours « .

Quant à la bancarisation des primes provenant de la vente des passeports, il avait affirmé que cela n’était pas possible, le montant à payer aux agents n’étant pas le même chaque mois et donc  pas fixe. Tout dépendait, s’était-il défendu, de la vente des passeports et de ce que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) rétrocède au ministère.

 

Rétrocession des frais des passeports

Les grévistes demandent aussi de bénéficier de la rétrocession des frais des passeports dans leur globalité. Le ministère des Affaires étrangères ne reçoit que la rétrocession sur les 60 dollars, au lieu d’en recevoir sur le prix total d’un passeport qui revient officiellement à 185 dollars, les 120 dollars étant versés pour le compte du groupe belge Semlex, consortium chargé de la production du passeport congolais ; et 5 dollars étant réservés aux frais bancaires.

En outre, les agents du ministère des Affaires étrangères veulent également que les recettes des visas soient canalisées pour qu’il y ait partage entre les agents  en poste diplomatique et la centrale (à Kinshasa).

Ils réclament, par conséquent, que la loi portant statut des diplomates soit discutée au Parlement dès la rentrée de septembre et que l’ordonnance portant règlement d’administration relatif à la carrière diplomatique soit respectée. Cette loi prévoit la rotation en poste diplomatique, soit deux ans à la centrale et 4 ans en poste diplomatique. Les agents du corps des diplomates de la RDC demandent aussi leurs titularisations dans différents postes. Selon, le président de l’Intersyndicale, ils n’ont que des commissionnés, du secrétaire général au huissier.

Après plusieurs mois d’arrêt de distribution des passeports, un accord semblait avoir été trouvé entre les délégués intersyndicaux et les autorités.

Peu avant de radicaliser leur mouvement de grève, les agents du ministère des Affaires étrangères ont promis de  passer à cette étape si rien n’était fait après avoir accusé  l’Etat de ne pas avoir respecté ses engagements.

Si elle perdure, cette grève risque d’avoir des conséquences néfastes car elle risque de priver les missions diplomatiques des services dont elles ont besoin et de créer également de sérieuses difficultés dans l’octroi des visas et de passeports. Il y a donc intérêt pour le patron de la diplomatie congolaise de trouver une solution rapide à ce problème.

Kléber Kungu

 

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