Grand-Kasaï : La scolarité de plus de 150 000 enfants menacée

Suite aux violences dans le Grand Kasaï  dues aux attaques des miliciens de  Kamwina Nsapu, plus de 150 000 enfants se voient priver de leur scolarité ou encore ont un accès réduit à l’école. Ils ne bénéficient donc pas de leur droit à l’éducation.

Face à cette situation, le Représentant a. i de l’Unicef en RDC, le Dr Tajudeen Oyewale, plaide pour la scolarité de ces enfants qui sont privés de leur droit à l’éducation. Pour lui, il est essentiel de pouvoir rétablir au plus vite la scolarité des enfants du Grand Kasaï « .

 »  L’Unicef rappelle que l’école est un espace privilégié d’apprentissage, de socialisation, de protection et de construction de la citoyenneté. L’école donne aux enfants un cadre de normalité dans des périodes troubles et l’éducation constitue un espoir pour l’avenir de chaque enfant. Par son action éducatrice, l’école porte en elle les ferments de la fraternité, du dialogue et de la réconciliation sociale « , a-t-il fait  savoir.

 » Même si la volatilité de la situation sécuritaire limite l’accès humanitaire, il faut profiter des moments d’accalmie dans certaines zones pour intervenir et pour restaurer l’éducation,  » a expliqué le Dr Oyewale :  » Une génération entière risque d’être sacrifiée si rien n’est fait pour apporter une assistance en éducation en situation d’urgence « .

Les attaques des milices Kamwina Nsapu sont non sans conséquences sur le vécu des communautés dans le Grand-Kasaï. On note des pertes en vies humaines et matérielles. Selon l’Unicef, depuis le début des violences en août 2016, des attaques ont endommagé 639 écoles primaires et secondaires dans le Grand Kasaï. Outre la destruction des écoles ; les quelques salles de classe qui existent encore servent aujourd’hui de lieu d’hébergement de fortune pour les déplacés.

Certaines infrastructures scolaires sont mêmes occupées par les milices ou des forces combattantes. Face à la violence, les enseignants hésitent à se rendre dans leurs écoles. Ce qui augmente le taux de la déperdition scolaire. L’Unicef révèle que plus d’un enfant sur dix en âge d’aller à l’école primaire dans le Grand Kasaï a eu sa scolarité interrompue d’une manière plus ou moins longue suite aux violences. Plusieurs écoles de la région ne sont plus opérationnelles depuis plus de 100 jours.

Pour faire face aux différents besoins humanitaires auxquels sont exposées les populations du Grand-Kasaï, l’Unicef a besoin de 40,2 millions de dollars américains.

Dans le cadre de son programme de réponse à l’urgence pour le Grand Kasaï, l’Unicef apporte son appui à plus de 3 600 enfants pour leur permettre de passer le test national de fin d’études primaires, en leur offrant des cours de rattrapage, du matériel scolaire et des uniformes. L’Unicef a également organisé en urgence la formation de 64 enseignants et a appuyé la réhabilitation de 24 salles de classe.

Blandine Lusimana

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