Invité du groupe africain à Genève :  C. Nangaa :  » Nous voulons organiser alors de bonnes élections « 

Le président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI) Corneille Nangaa  était, la semaine qui vient de s’écouler, l’invité du groupe africain. C’était au palais de l’ONU à Genève où il a été introduit par Jean-Marie Eouzou, ambassadeur de l’Union africaine à l’ONU et Marie-Ange Moshebekwa, ministre congolaise des droits humains.

Dans son intervention pour introduire l’orateur, elle a indiqué que le droit de vote est garanti par la Constitution du 18 février 2006.

Prenant la parole, Corneille Nangaa a dit toute sa joie de s’exprimer devant un public susceptible de comprendre les méandres du processus électorale en République démocratique du Congo, et ce, par rapport à ceux qui font semblant de ne rien savoir et racontent n’importe quoi. Surtout, il a précisé qu’il ne s’exprimait pas là au nom du gouvernement, mais plutôt au nom de la structure chargée d’organiser les élections en RD Congo.

Tout en indiquant que le support détaillé de son intervention devait être remis aux participants après, il a divisé son propos en cinq points principaux à savoir : l’état de la démocratie en RDC ; le contexte  politique ; l’état de lieu de la CENI (où nous en sommes avec les élections) ; menaces et risques qui guettent le processus ; et perspectives d’avenir.

Abordant le point relatif à la démocratie, il a signalé que la RDC est une jeune démocratie qui a déjà connu deux cycles  d’élections à savoir, en 2006 et en 2011 et que nous sommes en plein 3è cycle en 2017.

Avec 567 partis politiques existants à ce jour et plusieurs autres en voie d’être agréés ; avec près de 500 organes de presse chacun avec sa tendance, il faut encore un effort, a promis le président de la centrale électorale.

Répondant aux questions des participants à cet échange au sujet de l’absence de la carte d’identité au Congo depuis plusieurs décennies ?; à quand l’enrôlement dans l’espace Kasaï ? et des droits de l’homme et droits d’expression qui ne semblent pas être respectés par les gouvernants de la RDC, Corneille Nangaa a fait savoir qu’il y a deux possibilités mutuellement exclusives à savoir, oui, au cas où toutes les conditions seraient réunies, et non, dans le cas contraire. Dans le cas du oui, a précisé Corneille Nangaa, il faut qu’en décembre nous soyons prêts. A ce sujet il a salué l’appui de la communauté internationale, et particulièrement la Monusco qui a effectué 23 rotations au Kenya, transportant des Kits électoraux et la difficulté avec les bateaux transportant d’autres kits à partir de la Chine.

A ce jour, le n°1 de la  CENI a révélé que  » nous avons dépassé le seuil de 28 millions d’enrôlés par rapport aux 42 millions attendus. Corneille Nangaa a reconnu que le problème de la sécurité se pose avec acuité. A ce sujet, il n’a pas manqué d’évoquer la présence des réfugiés sud-soudanais dans l’Uélé  et le phénomène Kamwina Nsapu dans l’espace Kasaï. C’est par rapport à tout ça qu’il faut envisager les élections car, l’essentiel n’est pas d’organiser les élections, mais plutôt, les bonnes élections.

A la question de savoir s’il croit avoir réussi ce test de maturité  devant le groupe africain à Genève, Corneille Nangaa a répondu  » Les participants étaient sensibles. Ils nous ont félicité et encouragé tout en  promettant leurs contributions « . Cette déclaration, le président de la CENI l’a faite à Genève après son passage à Paris où il s’est exprimé devant la presse au siège de l’OIF. A cette occasion, Corneille Nangaa n’a pas eu besoin de gants pour déclarer :  » Avant décembre ça ne sera pas possible dans les conditions fixées par l’Accord de la Saint Sylvestre « . Il a en outre souligné  » l’article IV.2 de l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyait certes que les parties signataires s’engeaient  à l’organisation des élections au plus tard en décembre 2017 « , mais aussi que   » Le conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, le gouvernement et la CENI peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections « .

 

L’insécurité comme cause

A en croire le n01 de la CENi, les conditions de sécurité dans plusieurs provinces du pays, notamment le Kasaï ne permettent pas pour l’instant un déroulement correct du scrutin. Avant d’ajouter :  » Nous espérons lancer bientôt, avant le mois d’août, le processus d’enrôlement des électeurs du Kasaï. (…) Nous travaillons de toutes nos forces pour parvenir à l’organisation de ces élections voulues par le peuple congolais « , a conclu Corneille Nangaa, président de la CENI.

Magister Baseke

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