Kalehe/Sud-Kivu : Environ 2270 familles vulnérables bénéficiaires des articles ménagers

L’appel de détresse lancé par les victimes des dernières pluies diluviennes à Kalehe, territoire de la province du Sud-Kivu, a finalement été entendu.  Aujourd’hui près de 2270 familles vulnérables de Kalehe se sont procuré des articles ménagers essentiels pendant les foires organisées du 10 au 17 août dernier  dans les localités d’Ihusi et d’Irambo par Caritas.

Parmi les bénéficiaires, a-t-on répertorié  au total, 558 ménages sinistrés des fortes pluies d’octobre 2014 et d’avril dernier à Rambira et Bushushu,  ainsi que des déplacés arrivés de Hauts Plateaux de Kalehe suite aux affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)  et des groupes armés.

Cette activité a été organisée grâce à l’appui de la Caritas Espagne. Depuis le début de cette année, souligne-t-on, le territoire de Kalehe est le plus affecté et par les catastrophes naturelles et par les déplacements. Plus de 700 ménages sinistrés y sont installés dans un site attendant une relocalisation officielle.

Au-delà des actions réalisées en faveur des déplacées et autres vulnérables, il est important de savoir qu’aussi longtemps qu’ils ne seront pas relocalisés, les conditions précaires dans lesquelles ils vivent continueront de nécessiter assistance. Sans omettre qu’en ce moment, la communauté humanitaire fait face à des nouveaux besoins urgents.

En effet, avec 65 % des 375000 personnes déplacées internes (PDI) au Sud-Kivu pendant le deuxième trimestre, Kalehe reste le territoire le plus affecté par les mouvements de population et la tendance actuelle n’augure pas d’amélioration.

Dans l’entre-temps, révèle le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), 80 % des 300 personnes qui s’étaient déplacées le10 août  courant de Hauts Plateaux d’Uvira suite aux affrontements survenus entre les forces gouvernementales et des groupes armés Mai-Mai sont retournées une semaine plus tard.

Ce retour, affirme-t-on, est consécutif à la présence des militaires de l’armée nationale et des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) dans la région. Cependant à ce stade, le caractère durable de ce retour est difficile à déterminer vu la sécurité qui demeure volatile depuis le début de l’année suite aux activités croissantes des groupes armés et des opérations militaires subséquentes.

 

Uvira et Fizi plus affectés par les incidents sécuritaires

Plus inquiétant, cette insécurité empêche les organisations humanitaires à organiser l’assistance pour plus de 6 000 personnes vulnérables, notamment en eau, hygiène et assainissement, ainsi que la santé.

Triste constat, les territoires du Sud de la province, Uvira et Fizi demeurent les plus affectés par les incidents de sécurité contre les humanitaires. Entre le 19 et le 22 août dernier, deux délégations d’organisations humanitaires en mission ont été braquées dans les deux territoires.

Les habitants de la localité de Tchelamazi, située à l’Est  du territoire de Shabunda, qui compte près de 7800 habitants, ont commencé à se déplacer à partir du 21 août dernier suite aux exactions des miliciens Rahiya Mutomboki qui ont notamment détruit des habitations et une école primaire.

Dans cette région à faible présence des forces de l’ordre et de sécurité, indique-t-on, plusieurs factions de la milice Rahiya Mutomboki sont à la base d’exactions contre les civils, notamment des tueries, enlèvement des personnes et des pillages des biens.

Par ailleurs ; dans le cadre de l’assistance humanitaire, plus de 1700 ménages nouveaux déplacés de la région Nord de Fizi ont reçu des biscuits à haute valeur énergétique lors de la distribution organisée par le Programme alimentaire mondial (PAM) du 17 au 23 août dernier.

Ces familles  ont fui en juillet dernier les opérations militaires menées par les FARDC contre des groupes armés locaux et burundais. Suite à une mauvaise récolte durant la saison agricole passée, ces déplacés n’ont pas eu accès à suffisamment de nourriture.

Au début du mois d’août dernier, une mission d’évaluation de la Commission mouvements de population avait recommandé cette distribution, en attendant une évaluation approfondie pour une assistance en vivres.

Certainement pour une prise en charge efficiente, l’organisation non gouvernementale World vision a organisé cette évaluation du 16 au 20 août dernier, mais ses conclusions ne sont pas encore disponibles.

A en croire des sources humanitaires, plus de 670 ménages vulnérables de la région Nord de Shabunda se sont procuré des vivres pour un mois lors de la foire alimentaire organisée du 16 au 17 août par l’Agence d’aide à la coopération technique et au développement (ACTED) dans la localité de Nyambembe.

Pour rappel, ces ménages bénéficiaires ont été affectés notamment par les mouvements de population suite aux affrontements récurrents entre les FARDC et des miliciens Rahiya Mutomboki à partir du début de cette année. Cette activité a bénéficié de l’appui de la Direction générale d’aide humanitaire et de la protection des civils de la Commission européenne (ECHO).

Dovin Ntelolo Diasonga

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