La fuite d’ex-rebelles du M23 en RDC se confirme de plus en plus : Une centaine de combattants arrêtés par des militaires ougandais

L’armée ougandaise a annoncé avoir arrêté mercredi 18 janvier 101 anciens rebelles du M23 de la République démocratique du Congo (RDC) alors que ceux-ci tentaient de fuir vers leur pays dans des circonstances peu claires. Des indices qui confirment de plus en plus la présence de ces combattants sur le territoire congolais démentie d’abord par Kampala avant de faire un revirement la semaine dernière.

Pour la première fois, l’Ouganda a reconnu que des anciens rebelles congolais du M23 s’étaient bien échappés de la base militaire où ils étaient cantonnés, près de la frontière avec la RDC. Les autorités ougandaises avouent maintenant  être sans nouvelle de 40 autres et assurent avoir réussi à en arrêter 101, alors qu’ils tentaient de passer la frontière. Dimanche 15 janvier, Kinshasa avait affirmé qu’au moins 200 de ces hommes avaient réussi à s’échapper.

En tout, affirme Kampala, environ 140 rebelles auraient pris la fuite. 101 ont été arrêtés dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 janvier  et sont détenus près de la ville de Mbarara. 40 restent introuvables.

Les autorités ougandaises précisent que 270 autres ex-combattants sont toujours dans le camp de Bihanga, dans l’ouest du pays, là où ils se trouvaient tous cantonnés. Une source militaire rappelle que ce camp n’est pas une prison, et que certains ont de la famille à proximité de la frontière.

C’est Ofwono Opondo, porte-parole du gouvernement ougandais, cité par l’Agence Chine nouvelle, qui a fait cette annonce jeudi 19 janvier comme quoi les combattants de l’ex-rébellion du M23 qui avaient fui vers l’ouest de l’Ouganda en 2013 ont été interceptés à bord de quatre taxis à Mbarara et Kabale en route vers l’est de la RDC.

Le porte-parole du gouvernement ougandais a précisé que les combattants de l’ex-M23 qui avaient campé à l’école de formation militaire de Bihanga à Ibanda en Ouganda sont actuellement détenus à la caserne militaire de Makenke à Mbarara.

 » Ces personnes ont été arrêtées sur leur chemin de retour à bord de taxi minibus en tant que passagers normaux. En les interrogeant, on a constaté que tous étaient des anciens combattants du M23 « , a affirmé Ofwono Opondo.

 

 » Nous ne savons toujours pas le motif de leur fuite « 

L’arrestation de ces combattants survient après qu’une quarantaine d’entre eux se sont échappés vers le pays d’Afrique centrale la dernière semaine.

 » Ces personnes se sont échappées de leur pays dans un groupe d’environ quatre à cinq. Au moins 40 sont retournés dans leur pays au cours des six derniers jours « , a expliqué M. Ofwono.

        » Ce sont des individus qui essayaient de s’échapper contre les modalités et accords convenus. Nous ne savons toujours pas le motif de leur fuite « , s’est défendu le porte-parole du gouvernement ougandais.

Il ya quelques jours, Kinshasa dénonçait l’intrusion dans son territoire de plusieurs dizaines (environ deux cents) d’ex-rebelles du M23 à partir de la province du Nord-Kivu dont le chef-lieu était tombé en 2013 entre les mains de ces rebelles. Une accusation que Kampala avait rejetée catégoriquement qualifiant ces accusations des imaginations de Kinshasa. Les autorités ougandaises sont revenues sur leur déclaration en affirmant que quelques rebelles cantonnés à Kampala manquaient effectivement à l’appel.

L’affaire des ex-rebelles du M23 constitue un ingrédient favorable pour provoquer un incident susceptible d’entraîner une querelle diplomatique entre les autorités des deux pays voisins dont les rapports sont souvent en dents de scie.

Les rebelles du M23 ont fui vers l’ouest de l’Ouganda en novembre 2013 après avoir été défaits par les FARDC appuyées par la Brigade d’intervention de la force des Nations unies au Nord-Kivu après la chute pendant quelques heures de la ville de Goma, chef-lieu de cette province.

Kléber Kungu

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