Le gouvernement Tshibala a du pain sur la planche : Augmentation des prix du  carburant et des produits de la Bralima

Les prix du carburant à la pompe et des produits de la Bralima viennent d’être augmentés depuis cette semaine sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo. Pour le carburant, l’augmentation est de 80 FC (0,055 dollar) par litre d’essence, de gasoil et de pétrole, tandis que l’augmentation des produits de la Bralima est entre 8 à 10 %. Une augmentation due essentiellement à la dépréciation continue et vertigineuse du franc congolais face au dollar.

Le regroupement de sociétés pétrolières privées du Congo vient d’augmenter jeudi 8 juin le prix du carburant à la pompe.            L’augmentation est de 80 FC (0,055 dollar) par litre d’essence, de gasoil et de pétrole, indique le vice-président du regroupement des sociétés pétrolières privées du Congo.

L’essence est désormais vendue de 1 650 FC à 1730 à l’Ouest. Pour l’Est, le prix passe de de 1380 à 1420 FC,  et pour le Sud du pays, il passe de 1340 à 1400 FC.

Pour cette association des pétroliers privés, cette augmentation a été décidée pour faire face au changement constaté sur le marché sur les paramètres de fixation du prix du carburant, notamment le taux de change.

« Quand on prend le taux de change, il est en train d’aller dans un sens de dégradation très accélérée. Pour nous, ce qui est compliqué ce que la profession vend ses produits exclusivement en francs congolais. Lorsqu’on veut avoir des devises pour s’approvisionner, rien que la différence sur le taux de change, il y a un écart très énorme « , explique Emery Mbatshi Bope, vice-président du regroupement des sociétés pétrolières privées du Congo, cité par Radio Okapi.

Pour le vice-président du regroupement des sociétés pétrolières privées du Congo,cette augmentation est une suite logique des rencontres qu’elle a tenues avec le gouvernement.

Par ailleurs, le vice-président du regroupement des sociétés pétrolières privées du Congo insiste sur le fait que cette nouvelle augmentation du prix de carburant n’a pas une incidence sur le prix d’autres biens et services tel que le transport en commun. Il justifie cette position par le fait que l’augmentation ne dépasse pas le seuil de 5% de l’ancien prix.

 

Augmentation  » par paliers « 

La dernière augmentation du prix du litre du carburant à la pompe remonte au mois de mars. Le prix du litre du carburant à la pompe avait été revu à la hausse le fixant  à 1640 francs congolais (1,2 dollar). Une hausse de 35 francs congolais par rapport à la dernière augmentation qui était de 75 FC (environ 0,5 dollar).

A l’époque,  les opérateurs pétroliers avaient évoqué une augmentation de prix « par pallier » pour éviter des conséquences sur  » la vie sociale  » décidée de commun accord entre leur corporation et le gouvernement. Car, avaient-ils jugé,  » au lieu d’augmenter le prix à un niveau très élevé qui pourrait peut-être avoir de l’impact sur la vie sociale, on a dit :  »il faut aller par palier ». Nous avons fait le premier palier de 75 francs par litre à la pompe. Nous avons demandé jusqu’au mois de mars pour qu’on ait [une autre augmentation]  de 35 francs « .

Dans l’entre-temps, ils avaient annoncé qu’une autre augmentation du prix du carburant pourrait intervenir au mois de mai. La présente augmentation est peut-être celle prévue au mois de mai.

Les pétroliers privés affirment que l’augmentation du prix du carburant respecte une convention qui interdit une hausse de 50 %. Ce qui, selon lui, devrait éviter des conséquences sur le prix du transport en commun.

 

La Bralima entre également en danse

Dans cette surchauffe observée sur le marché des biens et services et comme si le malheur ne vient jamais seul, la Bralima n’a pas attendu longtemps pour procéder à son tour à l’augmentation des prix de ses produits.

C’est à partir de lundi 5 juin que la société brassicole Bralima a revu à la hausse le prix de ses différents produits sur le marché aussi bien en gros qu’en détail.

Dans un communiqué publié dans les différents points de vente de cette société, un casier de la boisson Primus qui se vendait à 17 000 FC revient à 18 500 FC (1 dollar). La hausse de la plupart des produits, apprend-on, varie en moyenne entre 8 et 10%.

Depuis le début de l’année, le taux du franc congolais est en perte de vitesse face au dollar américain. De 1.000 FC le dollar en janvier 2017, le dollar américain se change actuellement entre 1430 et 1480 FC. Une dévaluation qui approche les 50%.

François Salu

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