Le Grand Kasaï  toujours endeuillé : Des miliciens Kamwina Nsapu décapitent un 21ème chef coutumier

Le chef coutumier du groupement de Bena Kambulu (village Luvula)  à 130 km au sud de Tshikapa, dans la province du Kasaï et ses deux fils ont été décapités par des miliciens présumés Kamwina Nsapu, samedi 3 juin 2017.

Cette tragédie, renseigne Actualité.CD, s’est produite en présence d’une foule dans le village de Luvula. Un enseignant de l’École primaire du même village a subi également le même sort le même jour.

A en croire un membre de la société civile locale,ce jour-là, des jeunes se faisant passer pour des miliciens Kamwina Nsapu, qui règnent en maîtres dans le secteur de Kasadisadi,sont arrivés au village Luvula avant de se saisir du chef Mupoyi Mwanangana et ses deux enfants qu’ils ont décapités froidement devant une foule de personnes.

La décapitation de ce chef coutumier porte à 21 le nombre de chefs traditionnels déjà décapités depuis le déclenchement des violences dans l’espace kasaîen en août 2016.

Jusqu’à fin mai, près d’une vingtaine des chefs coutumiers ont été décapités par les personnes se réclamant de la milice Kamwina Nsapu depuis le début de l’année à Luiza et Kazumba dans la province du Kasaï-Central, selon les chefs coutumiers de cette province.

A ces victimes s’ajoutent d’autres personnes dont le nombre reste inconnu. Ces chiffres fournis par les structures de droits de l’homme en province préoccupent les autorités traditionnelles.Elles invitent les habitants de cette province à se désolidariser des auteurs de ces crimes et à cultiver la paix pour favoriser la tenue de l’enrôlement des électeurs.

Certaines sources estiment que tous ces actes ignobles ne sont pas imputables aux seuls miliciens de Kamwina Nsapu. En effet, depuis l’avènement malheureux de la milice Kamwina Nsapu, d’autres jeunes qui ne sont pas de cette milice, commettent des exactions au nom de Kamwina Nsapu.

Par ailleurs, un autre drame s’est produit au Kasaï-Central qui a vu un camion de marque Kamaz en provenance de Dimbelenge, avec à son bord des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC), tomber la nuit de dimanche 4 juin dans la rivière Lubudi.

Aucun bilan n’a été jusqu’à ce moment révélé, d’autant plus que le nombre exact de militaires qui étaient à bord de ce véhicule reste encore inconnu.

Cette triste nouvelle a été confirmée par  l’administrateur assistant du territoire de Dimbelenge, Constantin Bungacité par Actualité.CD, mais dit attendre le rapport du chef de secteur qu’il a dépêché sur le lieu du drame.

L’ATA Constantin Bunga attribue les causes de cet accident au mauvais état de la route et du pont.  Il parle également de dix-huit civils présumés miliciens Kamwina Nsapu qui sont portés disparus.

Ces militaires, précise la source, venaient de Dimbelenge pour Kananga après avoir raccompagné l’administrateur de territoire qui était en fuite depuis plusieurs mois suite aux attaques des miliciens.

Ces événements tragiques surviennent alors que le  président Joseph Kabila a séjourné dans le Grand Kasaï depuis mardi 30 mai à Kananga dans la province du Kasaï-Central  et à Mbuji-Mayi au Kasaï-Oriental.

François Salu

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