L’Uncief tire la sonnette d’alarme/ Grand Kasai : 850 000 enfants ont vu leur vie bouleversée

Quelque 400 000 enfants sont en risque de malnutrition aiguë sévère

Le drame qui se passe dans le Grand Kasaï, l’une des régions les plus pauvres de République démocratique du Congo (RDC), doit interpeller toute personne qui se dit parent. . Plus de 1,4 million de personnes, dont 850 000 enfants, ont été forcés de fuir leurs maisons et ont vu leurs vies bouleversées par des actes d’une violence extrême au cours de cette dernière année. Ainsi l’avenir d’une génération entière d’enfants se trouve-t-il menacé. La sonnette d’alarme est du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Tous les jours, des témoignages d’enfants et de familles nous sont rapportés sur les atrocités subies. Ces enfants nous appellent à l’aide, et nous ne pouvons pas rester insensibles.

L’Unicef estime que plus de 1,4 million de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers à cause de la violence qui a élu domicile dans l’espace kasaîen fort de cinq provinces issues du découpage territorial (Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental ; Lomami et Sankuru)  au centre de la RDC, faisant du Grand Kasaï une des régions avec le nombre de déplacés de population le plus élevé au monde. Un triste record !

Voilà pourquoi Marie-Pierre Poirier, directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre estime que  » le monde ne doit pas fermer les yeux face à la situation désastreuse que vivent les enfants et les familles dans la région du Grand Kasaï « .

850 000 enfants ont été forcés de fuir leurs maisons, accompagnés ou non, de leurs parents, à cause d’une vague de violence extrême consécutive entre autres aux affrontements entre les présumés miliciens Kamwina Nsapu et les forces de l’ordre depuis plus d’une année. De nombreux enfants ont été recrutés par des forces combattantes, drogués et enrôlés dans la spirale de violence.

En août 2016, en effet, des combats ont éclaté dans le Grand Kasaï, après qu’un chef traditionnel, qui s’était rebellé contre les autorités de Kinshasa, a été tué lors d’un affrontement avec les forces de sécurité.

La situation s’est détériorée en 2017, note l’agence onusienne, déclenchant une vague de violences qui touche désormais neuf des 26 provinces du pays. La crise a des conséquences désastreuses sur les enfants. Ils sont tués, mutilés, utilisés lors de combats, leur scolarisation perturbée. Au moins 850 000 enfants ont été déplacés.

 

Les enfants, premières victimes du conflit

 » La vie de centaines de milliers d’enfants et leurs familles dans le Grand Kasaï a été bouleversée par cette violence brutale « , s’alarme Tajudeen Oyewale, représentant de l’Unicef en RDC. Pour le mois de juin, des estimations parlent de plus de 60 000 nouveaux déplacés ! « .

La plupart des personnes déplacées vivent dans des familles d’accueil et auprès de proches. Elles ont souvent beaucoup perdu, ayant laissé derrière elles leurs biens essentiels et personnels. Ces personnes vivent un calvaire inouï d’autant plus qu’elles sont hébergées dans des communautés qui sont déjà parmi les plus pauvres du pays et dont les conditions de vie se sont encore détériorées suite à la situation économique du pays.

Certaines familles déplacées ont fui dans la brousse à proximité de leurs villages et survivent dans des cabanes improvisées. Ces familles sont les plus vulnérables et les moins accessibles. Elles manquent de tout : nourriture, abri adéquat, soins de santé, accès à l’eau et l’assainissement.

Pour  Tajudeen Oyewale,  » il s’agit d’une crise humanitaire qui se développe rapidement. Avec nos partenaires, nous travaillons au milieu d’une grande insécurité pour tenter d’aider ces familles très vulnérables « .

 

Des services vitaux pour les personnes déplacées

Grâce à sa longue présence dans la région et à un vaste réseau de partenaires locaux, l’Unicef est en mesure de répondre aux besoins humanitaires croissants des populations. Ainsi a-t-elle pu apporter de l’aide à plus de 150 000 personnes touchées par la crise, dans les domaines de la nutrition, la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement, les subventions directes en espèces et les interventions de protection de l’enfance.

Elle projette le pré-positionnement de matériel supplémentaire permettant de réagir rapidement aux besoins des populations déplacées en leur fournissant notamment des kits d’articles ménagers essentiels (matériel d’abri, ustensiles de cuisine, seaux d’eau, couvertures, etc.).

Elle promet en outre  d’augmenter davantage notre aide humanitaire dans les prochaines semaines au vu des besoins des enfants et leurs familles.

Kléber Kungu

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