Lutte contre la fausse monnaie : Où en est l’enquête ?

Dans une ville où la population croit plus à la radio trottoir qu’aux canaux officiels, l’effort à faire pour se faire entendre est colossal. C’est ce que vivent les Congolais depuis un certain. Pour preuve, en réaction, à l’invasion du marché par de faux billets de franc congolais dont  l’homme de la rue avait de la peine à déceler le vrai et le faux, la solution pour les vendeurs et vendeuses était de les refuser tout simplement malgré les appels de la BCC.

Les différents communiqués de la Banque centrale du Congo invitant les Congolaises et Congolais à continuer à utiliser la monnaie nationale dans les transactions commerciales particulièrement les grosses coupures, n’a pas changé grand-chose. Malgré les quelques signes  observables pour garantir si oui ou non  on a affaire à un faux billet dont l’effet caméléon la lettre de série, le fil de sécurité, la tête d’Okapi etc., les grosses coupures de 5.000 FC, 10.000 FC et 20.000 FC ont de la peine à circuler surtout auprès de petites boutiques du quartier.

 

Un trafic lucratif

La situation présente, les Congolais l’ont connue sous la deuxième république. Si les quantités produites et mises en circulation sous la deuxième république étaient énormes et par des opérateurs politiques et économiques connus, aujourd’hui le trafic de la fausse monnaie est le fait de certains groupes maffieux  et se fait petite échelle. Selon les informations en notre possession, cette fausse monnaie serait fabriquée en Chine et inonderait le territoire national par les frontièrese et par l’aéroport de N’djili où ces faussaires bénéficieraient de certaines complicités.

Les réseaux de faussaires utilisent de petits commerçants  qui recyclent cette fausse monnaie dans certains quartiers reculés de la ville et dans les provinces. Le commerçant qui reçoit cette cargaison a un pourcentage sur la somme totale recyclée. Comment ne pas trouver des  » recycleurs  » en ce temps de crise ? Surtout que la lutte dans ce secteur n’étant pas très organisée.

Pour preuve, si nos souvenirs sont bons, au lendemain du communiqué de l’Institut d’émission celui-ci avait promis qu’une enquête allait être diligentée par les autorités nationales pour mettre hors d’état de nuire, les différents réseaux maffieux qui s’attaquaient à la monnaie national,e car la monnaie étant un des attributs d’un Etat. Une forte injection de la fausse monnaie dans les circuits économiques pouvant avoir des conséquences incalculables sur l’économie nationale. Redonner confiance aux utilisateurs de la monnaie nationale était donc une nécessité et une priorité.

 

Où en est l’enquête

C’est la question que bon nombre des compatriotes se pose. Depuis le communiqué de l’Institut d’émission, c’est le calme plat. Cela se comprend car sur l’ensemble du territoire national, la lutte contre les faussaires, comme du chanvre indien est apparemment inexistante. La seule fois où on a eu à parler  » arrestation de faussaires  » c’est à l’époque du ministre de l’Intérieur Richard Muyej Mangez Mans. Un bande de faussaires, spécialisée dans la fabrication de faux dollars avait été présenté à la presse avec à sa tête un Britannique  d’origine congolaise, un certain Pitshen. Que sont  devenus les membres de cette bande mis aux arrêts, ont-ils été jugés ? Sont-ils toujours en prison ? Sont-ils déjà sortis de prison ? Les faussaires de monnaie disposant, semble-t-il, d’importants moyens financiers pouvant leur permettre de soudoyer qui ils veulent pour que les membres du groupe se retrouvent très rapidement à l’air libre.

Ces questions valent la peine d’être posées. Et les résultats probants dans cette guerre contre les faussaires seront un signal positif à l’endroit des utilisateurs. Mais la question est celle de savoir combien de temps ces faussaires seront gardés au frais s’ils n’arrivaient à être arrêtés ? La justice congolaise ayant toujours la main lâche à l’endroit des kuluna et autres faussaires.

Ce qui décourage les éléments de la police qui dépensent tant d’énergie et d’efforts et pratiquement pour rien. Car quelques jours après on retrouvera ces fossoyeurs à l’air libre. Jusques à quand ? Cette situation pourrait-il expliquer le manque de résultat dans cette enqête ? La question à qui de droit

 

Philippe Mbayi Wete

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