Lutte contre la mafia au poste frontalier de Lufu  :L’OCC/Lukala détruit 5,167 tonnes des marchandises avariées

Depuis un temps relativement long, l’Office congolais de contrôle (OCC) a pris la bonne habitude de se débarrasser des déchets alimentaires le jour de vendredi. Donc la veille du jour du grand marché, le samedi. Est – ce pour donner  une bonne leçon à un nombre plus important des marchands conviés à ce rendez – vous du week-end ?

Vendredi dernier encore, comme autrefois, l’Office congolais de contrôle, agence de Lukala, a organisé une grande opération de destruction des produits avariés en provenance de la République sœur d’Angola par la frontière de Lufu. Oui ! Encore et toujours Lufu.

Cette énième destruction intervient 3 mois après la toute dernière en date. Espérons que le taux annuel sera le plus faible de ces dernières. Ce qui sera une amélioration dans le comportement des importateurs.

Toutefois, en termes d’échanges commerciaux, Lufu se veut actuellement l’un des plus importants marchés frontaliers de la province de Kongo Central. De ce fait, Théophile Selubanzi Tekadiomona et toute l’équipe de la section Lufu doivent faire preuve d’assez de dynamisme et de vigilance. Car au poste frontalier de Lufu, le flux des personnes, des marchandises et des véhicules se veut assez vertigineux. Voilà qui ne peut manquer d’incidence sur celui de la mafia. Délinquance juvénile, vol, escroquerie, prostitution et autres fléaux y règnent en maître. C’est ça Lufu.

 

La destruction proprement dite

Comme à l’accoutumée, tout a commencé par la réunion technique qui eu lieu sous la paillote dans l’enceinte même de l’OCC, non loin du bureau administratif. C’est généralement pendant la réunion technique que sont présentés, à l’autorité judiciaire,  les produits et les motifs de saisie. C’est encore au cours de cette même réunion que sont définis les modes de destruction de différents produits concernés.

Sont conviés à cette rencontre, les responsables de l’OCC et ceux de tous les services œuvrant dans l’ordre opérationnel à la frontière :  DGDA, DGM, ANR, PNC, SQUAV. Mais tous les auspices de l’autorité judiciaire, qui elle, a non seulement le monopole du débat  mais qui, de plus, prend le bâton de commandement  à l’issue de cette rencontre très déterminante qu’est la réunion technique.

Pendant la réunion dont question ici, le n°1 de l’Agence de Lukala a présenté plusieurs échantillons des lots des marchandises en précisant les raisons qui ont conduit à la saisie de chacun d’eux.

La destruction proprement dite est une opération très complexe qui s’effectue au vu et au su de la presse, de la population mais aussi et surtout des délégués de divers services étatiques. Ce jour – là, il fallait casser les bouteilles d’Heineken, au fond du puits préalablement creusé, déchirer les sachets de liqueurs et perforé les canettes de bières et de boisson sucrée, les jeter dans ce même puits avant d’y mettre le feu. Après que tout a brulé, remblayer le puits  afin que quelques faibles d’esprit ne viennent récupérer les restes de poison.

D’ailleurs pour preuve, pendant l’opération, un incivique a pu tromper la vigilance et a réussi à empocher quelques sachets de liqueur pour satisfaire son appétit glouton. Heureusement, il a été appréhendé avant de quitter  le lieu.

 

Les lots des produits détruits : Liqueurs en sachets : 3770Kg ; Bière Heineken : 1092 Kg ; Bière sans alcool : 232 Kg ; Boisson sucrée : 40Kg ; Fromage : 3Kg ; Lait en poudre (Nido) : 30Kg.

Faut – il signaler, en passant, qu’hormis la boisson sucrée, tous les produits cités ci – haut proviennent de l’Inde, Hollande, Nouvelle-Zélande. L’Angola n’ayant servi que de transit avant le dépôt de ces déchets alimentaires en RDC. De  plus, tous les produits ont été saisis pour motif d’expiration. A l’exception de la  liqueur en sachets qui l’a été conformément à la circulaire interministérielle n°001/CAB/MIN/PME/013 et 002/CAB/MIN.ECO&COM du 08/04/2013 portant précision sur l’interdiction de la fabrication, d’importation et commercialisation des emballages non biodégradables. Et qu’à ce titre, la vente de l’eau, des liqueurs et autres produits en sachets est interdite sur toute l’étendue du territoire national.

Lorsque la flamme monte du  puits, sur les Heineken, le fromage,… le moment est le mieux choisi pour le chef d’agence qui, face à la presse, est plus que convaincant.

A la question de savoir si les lots détruits constituaient la totalité des entrées des produits pour ne plus en retrouver à Kinshasa et ailleurs, le grand contrôleur explicite :  » Ce que vous avez vu, que nous avons détruit, c’est ce que l’Office congolais de contrôle a vu et saisi à la frontière. Notre mission étant le contrôle des entrées et sorties des marchandises à la frontière. S’il vous arrive de rencontrer quelques autres lots à Kinshasa et ailleurs, cela relève de la compétence des autres services de l’Etat. Voilà pourquoi nous convions la population à collaborer avec nos services à la frontière « .

Quant aux rumeurs sur la complaisance et la corruption des inspecteurs qui favorisent l’inondation du marché kinois en produits de qualité douteuse, le Chef se dit non informé de ces pratiques. A l’opposé il a loué les performances des inspecteurs qui ont pu saisir dernièrement un container de 40 pieds contenant 20 tonnes de poisson Malua mélangé avec du mazout dans un congélateur frigorifique.

En outre, le Chef d’agence a, plus d’une fois, salué les efforts déployés par Mme le DG a.i, qui a initié l’approche éducationnelle de la population. Laquelle approche se matérialise par l’envoi, à  chaque opération de destruction, d’une équipe spéciale de presse pour relayer le message de conscientisation de la population et aussi des opérateurs économiques appelés à changer de comportement afin de ne pas risquer de perdre des capitaux en s’exposant à la saisie et la destruction de leurs marchandises.

Seulement, à propos de la remarque du magistrat Bavon Milambo qui avait souhaité voir les mauvais commerçants devant la justice, Théophile Selubanzi précise qu’après la saisie des marchandises, le  » commetteur d’infraction  » est à la disposition de la Police. L’OCC ne peut se substituer à la police pour détenir le mafieux.

Enfin le Grand Contrôleur qui avait auparavant loué les performances de l’Office en matière d’analyses de laboratoire, a  annoncé l’inauguration dans les tout prochains jours du laboratoire modulaire qui, à en croire les recommandations gouvernementales relayées par Mme le D.G a.i, contribuera à l’efficacité des services de l’Agence, et particulièrement la section de Lufu. Qui pourra à tout moment livrer son verdict sans faire attendre.

Par ailleurs, aujourd’hui encore comme autrefois, nous réitérons   notre vœu, celui de voir tous les cadres et agents de l’Agence de Lukala se liguer comme un seul homme derrière leur n°1 pour éradiquer, autant que faire se peut, la mafia aux frontières. De Lufu à Kindompolo en passant par Kuzi et Kimpangu, tous doivent parler le même langage et être animé d’un même esprit. Qu’aucune voie de sortie, si petite soit – elle, ne soit négligée. Car le mafieux est rusé. Aussi rusé que le malin.

Au reste, coup de chapeau au chef de section Lufu,  Vicky Bekibe et toute son équipe sans laquelle toutes les stratégies et tous les efforts du n°1 de l’Agence et même de la Direction générale de l’Office ressembleraient à un coup d’épée dans l’eau. Donc pour la protection de la santé de la population congolaise, l’organe technique de l’Etat qu’est l’Occ n’a qu’un maître – mot : la vigilance !

Josué Lufulu Lua Kanda

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