Mise en œuvre des parcs agroindustriels en RDC : Le gouvernement tient aux droits inaliénables des communautés locales

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a prescrit à son peuple en 2010 l’élaboration d’un plan stratégique national de développement pour la RDC dont l’ambition serait désormais tournée vers  » l’émergence du Congo comme un pays de référence et à forte croissance à l’horizon 2030, et son accession au trône de puissance mondiale à l’horizon du centenaire de son indépendance « . Cette instruction a été faite dans son souci de voir son pays devenir une référence régionale, voire un état à forte croissance d’ici 2030.

Cette ambition serait portée par une vision, celle d’un Congo dont la vocation naturelle est d’être non seulement unie, forte et prospère, mais aussi  » une maison au sommet de la montagne « . C’est ainsi qu’en janvier 2016, ce plan a été présenté et adopté à l’Assemblée nationale, et mis à la disposition du public en février de la même année. Avec ce plan, l’action gouvernementale ne devra plus répondre uniquement à l’appel des urgences ou de la stabilité politique et économique, mais elle devra s’inscrire dans le cadre d’un plan stratégique pluriannuel de développement du pays. Ce plan stratégique a prévu 28 mesures économiques urgentes, sur la nécessité imminente d’ouvrir de nouvelles pistes dans la politique économique, dans le sens de la diversification économique de la RDC, qui par ailleurs dispose de plusieurs richesses naturelles, afin d’assurer la stabilité et la croissance économique du pays, et de continuer ainsi l’œuvre de la reconstruction.

En termes de politiques et stratégies de développement prévus dans ce plan, l’un des axes clairement définis a été l’augmentation de la taille du  » gâteau économique  » à travers trois secteurs phares comme moteurs de la croissance nationale à savoir l’industrialisation des secteurs de base, le développement du vaste terrain agricole et l’amélioration de la productivité du secteur minier et industriel y relatif. Cette stratégie doit se faire spécifiquement par la réforme des bases par la croissance, l’accélération de la croissance, et la restauration de l’équilibre pour le développement durable. C’est aussi en lien avec cette orientation qu’a été lancé en 2012, le processus de la réforme foncière en RDC, comme levier d’attraction des investissements à grande échelle. Cette orientation stratégique de la RC a amené plusieurs partenaires à s’intéresser à l’accompagnement de ce processus de développement, en l’occurrence l’Initiative des droits et ressources (RRI).

 

Résultats attendus du dialogue multiacteurs

Depuis sa présence en RDC, RRI a ainsi organisé chaque année un dialogue avec la société civile et autres partenaires et développé une stratégie de plaidoyer dans les différents processus ayant un impact sur le foncier. C’est dans ce contexte qu’il faut situer le dialogue de cette année axé sur le cas spécifique de Bukanga Lonzo pour permettre une meilleure clarification de l’objectif des parcs agro industriels afin de tirer des leçons pour la mise en œuvre effective des autres 21 parcs prévus à travers le pays. Ce dialogue a été mis en œuvre par la Primature.

Les résultats attendus sont les suivants : le peuple congolais est mieux informé sur les projets des parcs agro industriels (PAI) et s’implique d’une manière ou d’une autre à leur mise en œuvre ; les leçons sont tirées du parc de Bukanga Lonzo pour aider la mise en œuvre d’ autres parcs prévus dans le pays ; définir ensemble des axes devant être pris en compte dans la stratégie de CACO de 2017 pour une meilleure prise en compte des droits des communautés locales, des peuples autochtones, et des femmes dans les grands projets d’investissements en RDC ; conclure un accord pour faciliter l’accès à la société dans cette zone pour travailler avec les communautés locales (sensibilisations, cartographie participative, etc..) et collaborer avec les investisseurs dans le cadre des études d’impact et de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Quant aux producteurs agricoles du Congo, ils ont reconnu les efforts du gouvernement d’avoir validé le plan national d’investissement agricole (PNIA) dans lequel s’inscrivent les parcs agro industriels. Face à certaines questions que se posent la majorité d’agriculteurs congolais, ceux-ci souhaitent utile d’organiser une matinée de dialogue en vue de permettre à toutes les parties prenantes du secteur agricole d’être mieux informées sur le projet des parcs agro industriels du pays, avec Bukanga Lonzo comme étude de cas ; lever tout équivoque quant à la question de prise en compte des droits des communautés autour de ce parc, et tirer des leçons de ce dialogue pour alimenter la mise en œuvre d’autres parcs prévus après celui de Bukanga Lonzo.

Rombaut Ot

Related posts