Nouvelle méthode des responsables scolaires face aux enfants non en règle : Les écoles enferment désormais les enfants dans des salles de classe !

Les responsables scolaires ne sont pas à court de méthodes pour sanctionner les élèves non en règle de paiement des frais scolaires. Ceux-ci ne sont plus chassés de l’école, mais plutôt enfermés dans une salle de classe pour ne les sortir, comme des prisonniers, qu’à la fin des cours. L’information vient d’un parent d’élève qui a réagi à notre article à ce sujet publié dans l’édition n°4984 de mercredi 22 novembre.

 » Je viens de lire votre article demandant aux responsables des écoles de ne pas chasser les enfants de l’école. Mais ils ont opté (pour) une nouvelle stratégie, celle d’enfermer les enfants non en règle dans une salle de classe et de (ne) les faire sortir qu’à la fin des cours. Veuillez en faire part au Provéd « , s’est confié un des parents, W.I. (nous utilisons un sigle pour garder l’anonymat du parent) qui a lu notre article.

Si cette information est vraie, elle montre à quel degré les responsables des écoles primaires et secondaires tant privées que publiques, tant conventionnées que non conventionnées, foulent aux pieds les instructions du responsable direct de l’Enseignement primaire et secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté (EPS-INC). Une sorte de défi que ces directeurs et préfets des études lancent aussi bien aux parents qu’aux chefs hiérarchiques à tous les niveaux de ce secteur stratégique de la vie d’une population et dont dépend en grande partie l’avenir d’un pays.

Que les élèves soient chassés de l’école ou qu’ils soient enfermés dans un quelconque endroit, salle de classe soit-il et pour motif de non-paiement des frais scolaires, la pratique ne peut pas être applaudie ni encouragée car improductive et relevant d’une époque éloignée du XXIème siècle.

Alors qu’elle était provisoire car à titre expérimental, la prise en charge des enseignants par les parents s’est ancrée au fil des années dans le secteur de l’enseignement, après avoir trouvé un terrain propice et favorable aux bénéficiaires que sont les enseignants.

 

Le système a débuté en…1991

Si bien qu’aujourd’hui, un quart de siècle plus tard – le système a débuté en …1991 – l’appétit venu en mangeant, les bénéficiaires à tous les niveaux à des proportions financières diverses (enseignants, responsables scolaires, promoteurs d’écoles, gestionnaires scolaires…) personne ne veut entendre parler de la fin de ce système qui a précipité dans le gouffre de baisse du niveau des enfants formés depuis cette année.

Le système pourtant provisoire, mais qui s’éternise au grand dam des bailleurs de fonds que sont les parents eux-mêmes démunis de moyens suffisants pour faire face à leurs obligations parentales, a favorisé la médiocrité dans l’enseignement plutôt que la méritocratie. Les chefs d’établissement scolaire n’hésitent pas de dire ouvertement aux enseignants de ne pas être sévères à l’endroit des enfants devenus bailleurs de fonds. Par conséquent, il est difficile de rencontrer des enfants qui échouent. Avec le concours du pouvoir financier qu’incarnent les enfants, il est difficile de voir ceux qui échouent ou qui reprennent l’année.

Ainsi assiste-t-on actuellement aux défilés effrénés des élèves d’une école à une autre, en quête de celle qui offre les  » meilleures conditions d’études en fermant les yeux  » aux enfants faibles qui passent en classe supérieure même s’ils ont échoué dans leur école d’origine.

D’où également le phénomène  » 100% de réussite  » qui honore certains établissements scolaires qui arrivent à chaque fin d’année à  » distribuer  » des diplômes d’Etat à tous les finalistes de la promotion ! Qu’on ne s’étonne pas de remarquer l’affluence de nouveaux élèves dans ces écoles, particulièrement ceux n’ayant pas obtenu leurs diplômes.

Que ces  » meilleures  » écoles dans l’entendement de certains enfants faibles ou négligents encouragés par leurs parents complices n’arrivent pas à réaliser les performances antérieures, elles subissent la désertion massive des enfants malheureux. Et ainsi se passent les choses chaque début et fin d’année dans les établissements scolaires de ce pays qui croit que le niveau de son enseignement est mesuré par le nombre de diplômes distribués aux élèves, même aux non méritants, ou de la fréquence avec laquelle on les distribue.

Il suffit d’assister aux scènes d’euphorie infernale qui caractérise la publication des résultats de chaque édition de l’examen d’Etat à Kinshasa et dans les autres parties du pays. Il arrive souvent que des candidats défunts décrochent leurs diplômes au grand dam des vivants malheureux, pourtant méritants !

Une distribution de diplômes qui montre aux yeux de l’opinion la magnanimité paternelle, la pitié parentale du numéro un de l’Enseignement primaire et secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté face aux difficultés des parents qui peinent beaucoup à faire face à leurs obligations vis-à-vis des écoles ! Lorsque la réussite de ceux que nous entendons former pour diriger plus tard le pays tient beaucoup plus de la pitié que des critères objectifs et scientifiques, attendons-nous à une élite quelconque.

Kléber Kungu

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