Présidentielle américaine : débat musclé entre les deux candidats à la vice-présidence

C’était la première occasion pour des millions d’Américains de découvrir les deux candidats à la vice-présidence, deux politiciens expérimentés mais peu connus. Les colistiers de Donald Trump et Hillary Clinton se sont affrontés mardi soir lors d’un débat à couteaux tirés, s’opposant sur leurs idées et leur vision. Le gouverneur républicain de l’Indiana Mike Pence, 57 ans, et le sénateur démocrate de Virginie Tim Kaine, 58 ans, sont immédiatement passés à l’offensive.

« Je ne peux pas imaginer comment le gouverneur Pence peut défendre le style égocentrique de Donald Trump, bâti sur les insultes », a déclaré d’entrée de jeu Tim Kaine, décrivant le milliardaire républicain comme un homme qui « se fait passer toujours en premier » et a « construit sa carrière d’homme d’affaires sur le dos des petites gens ». Il a aussi rappelé que le milliardaire de l’immobilier avait pendant des années « scandaleusement menti » sur le lieu de naissance du président Obama, avait traité les Mexicains de « violeurs », attaqué un juge latino… « Je ne peux pas imaginer comment vous pouvez le défendre », a répété plus d’une demi-douzaine de fois Tim Kaine à son adversaire. « Notre campagne est basée sur les insultes ? », a riposté Mike Pence. « Ce n’est rien comparé à Hillary Clinton, qui a traité de « pitoyables » la moitié des supporteurs de Donald Trump ».

 

Donald Trump « ne peut pas commencer une guerre sur Twitter avec Miss Univers sans se tirer dans le pied »

Très préparés, les deux prétendants à la vice-présidence se sont vivement opposés sur l’économie, la sécurité, l’immigration, le terrorisme, et la politique étrangère. Tim Kaine a opposé Hillary Clinton « qui a un plan et l’expérience », à Donald Trump qui « n’a pas de plan et a des idées dangereuses » et « ne peut pas commencer une guerre sur Twitter avec Miss Univers sans se tirer dans le pied ». Une référence à sa récente salve de tweets au tout petit matin contre l’ancienne reine de beauté Alicia Machado. Znfin, alors que Mike Pence a insisté sur le changement auquel aspirent les Américains, Tim Kaine a riposté en valorisant l’expérience d’Hillary Clinton. « L’idée de Donald Trump comme commandant en chef nous effraie à mort », a-t-il assuré, évoquant son fils militaire déployé à l’étranger.

 

La tâche était plus ardue pour Mike Pence après une semaine extrêmement difficile pour Donald Trump, en baisse sensible dans les sondages après un premier débat présidentiel médiocre le 26 septembre, et il n’a parfois pas cherché à défendre certains propos de Donald Trump. « Ce n’est pas un politicien rôdé », a-t-il fait valoir. A cinq semaines de l’élection présidentielle, Pence, aussi calme et discipliné que Donald Trump est impétueux, a montré sa solidité pour rassurer des républicains, inquiets de la personnalité de l’homme d’affaires. Tim Kaine semblait avoir une tâche plus facile mardi soir, et il n’a pas hésité à interrompre fréquemment son adversaire. Il est revenu à plusieurs reprises sur la feuille d’impôts de Donald Trump, pour réclamer qu’il la publie, ce que le milliardaire de l’immobilier refuse de faire.

Le débat de mardi était le seul entre les deux candidats à la vice-présidence, dont le rôle principal sera, pour celui qui gagne le 8 novembre, de remplacer le président en cas de décès ou de démission. Il sera suivi dimanche par le deuxième débat présidentiel entre Hillary Clinton et Donald Trump. Historiquement, le débat des candidats à la vice-présidence a rarement eu un impact sur le choix des électeurs.

 

Le colistier de Trump appelle à des frappes contre le régime d’Assad

 

Lors du débat avec son adversaire démocrate Tim Kaine, mardi soir, Mike Pence, le colistier de Donald Trump, s’est prononcé mardi pour des frappes américaines contre des objectifs du régime syrien pour desserrer l’étau autour de la ville d’Alep. « Si la Russie choisit d’être impliquée dans cette attaque barbare contre Alep, et continue de l’être, les Etats-Unis d’Amérique devraient utiliser la force pour frapper des cibles du régime syrien », a déclaré le prétendant républicain à la vice-présidence.

Tous deux se sont par ailleurs entendus sur la nécessité d’établir à Alep des zones de sécurité pour protéger les civils. « Hillary et moi sommes d’accord pour dire que l’établissement de zones de sécurité pour l’acheminement d’aide humanitaire, ce qui est en ligne avec la résolution (de l’ONU) de 2014 serait une très, très bonne chose », a dit le candidat démocrate.

Au cours de ce débat, Mike Pence a également pris ses distances avec les déclarations de Donald Trump sur Vladimir Poutine. Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine du 8 novembre avait créé la controverse début septembre en affirmant que le président russe avait été « un leader, beaucoup plus que notre président (Barack Obama) ne l’a été ». « Quand Donald Trump et moi observons que sur la Syrie, sur l’Iran, sur l’Ukraine, le petit chef brutal de la Russie a été plus fort sur la scène mondiale que cette administration, c’est une réalité douloureuse. Ce n’est pas un soutien à Vladimir Poutine. C’est la dénonciation du leadership faible et impuissant de Hillary Clinton et Barack Obama », a déclaré Mike Pence, qualifiant le système américain de supérieur au régime « corrompu » de la Russie.

Leparisien.fr/

L’Observateur

 

Qui sont les deux candidats à la vice-présidence ?

Le démocrate Tim Kaine et le républicain Mike Pence s’affrontent lors d’un débat télévisé dans la nuit de mardi à mercredi. Le vice-président occupe un poste-clé de l’exécutif américain : en cas de décès ou destitution du président, c’est lui qui prend sa succession. Portraits.

Ce sont les hommes de l’ombre de l’élection présidentielle américaine. Le démocrate Tim Kaine et le républicain Mike Pence ont bien du mal à exister au milieu d’une campagne musclée, où Hillary Clinton et Donald Trump s’échangent coup pour coup.

Calmes et mesurés dans leur expression, les deux candidats à la vice-présidence s’affrontent dans la nuit de mardi à mercredi lors d’un débat télévisé. Le rendez-vous risque d’être bien moins suivi que le premier débat Trump – Clinton (84 millions de téléspectateurs). Mais c’est l’occasion de mieux connaître deux personnalités qui peuvent potentiellement être appelées aux plus hautes fonctions.

 

Successeur du président en cas de décès ou d’empêchement

Selon la Constitution des Etats-Unis, le vice-président remplace le président en cas de mort ou de destitution de ce dernier. Ce cas de figure s’est déjà produit à neuf reprises. En 1963, Lyndon B. Jonhson a pris la suite de John Kennedy, assassiné à Dallas. Une décennie plus tard, Gerald Ford était propulsé président après la démission de Richard Nixon, impliqué dans le scandale du Watergate.

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