Programme du gouvernement : Les 4 axes de  l’action de Bruno Tshibala

Mais réussira-t-il où ses prédécesseurs ont échoué ?

Investi le 16 mai courant au Palais du peuple, Bruno Tshibala, le successeur de Samy Badibanga, à la primature, a, à cette occasion présenté, le programme de son gouvernement qui s’articule sur quatre axes ci-après : œuvrer pour l’organisation des élections crédibles,  libres, transparentes et apaisées dans le délai convenu ; arrêter la dégradation de la situation économique du pays ; améliorer les conditions de vie de la population et restaurer la sécurité des  personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national.

S’agissant de l’organisation des élections dans le délai convenu, il a dit que cela constituait une  mission prioritaire de son gouvernement dit d’union nationale. Le but poursuivi étant de résoudre la question de la légitimité  démocratique et du fonctionnement régulier des institutions de la République. Il a poursuivi en indiquant que pour réaliser cette mission, il faudra entre autres : mobiliser les ressources internes et externes nécessaires pour financer le budget des élections, constituer une provision trimestrielle au profit de la CENI, pour financer l’ensemble  du processus électoral (…).

A propos de la stabilisation et relance de l’économie nationale, il note qu’il n’est un secret pour personne que la situation économique et financière de la RDC connait depuis deux ans, une dégradation prononcée qui se manifeste notamment par le repli du taux de croissance qui  passe de 6,9 en 2015 à 2,4 en 2016, une augmentation du niveau des prix intérieurs par la dépréciation continue du franc congolais (FC) sur le marché de change et par la baisse des réserves de change. Il souligne, en subsistance que cette dégradation de la situation économique est consécutive à la conjonction de plusieurs chocs tant internes qu’externes etc.

Concernant l’amélioration des conditions de la vie de la population, il a dit que les difficultés et les souffrances quotidiennes de nos populations sont bien connues et inacceptables. Il a par la suite fait état d’une suite d’actions que son gouvernement entend mettre en branle pour mettre un terme à cette médiocre, condition sociale, au profit des femmes, des jeunes, des enseignants, des agents et fonctionnaires de l’Etat, de l’environnement, et de tous ce qui regarde la vie au quotidien.

A propos de la restauration de la sécurité des personnes et de leurs biens, il a reconnu, comme tout le monde, que l’an 2017 a enregistré plusieurs conflits sur le territoire national, marqués par les affrontements inter communautaires entre les Pygmées et les Bantous dans la province de Tanganyika, le phénomène Kamuina Nsapu, dans les provinces du Kasaï et du Kasaï-Central, dont les actes de violence intolérables ont perturbé l’ordre public, la paix et la stabilité du pays ainsi que la poursuite des opérations d’enrôlement dans ces provinces ; les conflits permanents dans l’Est du pays, le phénomène Bundu dia Mayala dans le Kongo Central etc.

Et pour faire faceà toutes ces situations, son gouvernement mettra en œuvre les actions suivantes : renforcer et améliorer la mise en condition des FARDC, de la PNC ansi que des services de sécurité, poursuivre la restructuration , la réorganisation et l’équipement de l’armée nationale ; améliorer les conditions de vie des militaires ; poursuivre les réformes de la Police nationale congolaise (PNC), sécuriser le processus électoral avant, pendant et après les opérations en collaboration avec la CENI et la MONUSCO.

Faisant le diagnostic de cette dégradante situation socio-économique, il a martelé que sur le plan interne. Celle-ci s’explique essentiellement par les faiblesses structurelles de l’économie nationale qui est caractérisée, d’une part par la prédominance des exportations des produits de base dont les performances sont tributaires de la volatilité de leurs cours sur les marchés internationaux et d’autre part, par la forte dépendance du pays, faute d’une production nationale  conséquente.

Aussi a-t-il fait remarquer que l’atteinte de tous ces  objectifs  résulte également d’une lutte contre les antivaleurs, comme la fraude fiscale et douanière, le trafic d’influence, la contrebande et les détournements des recettes publiques, la corruption etc.

Malgré toute cette chaîne de bonnes intentions, il reste cependant de savoir si ce gouvernement fera l’exception par rapport aux  précédents,  en relèvement ces défis, lorsqu’il faut  savoir qu’il ne fonctionnera  que pour quelques mois, jusqu’à la fin de cette année ; avant l’organisation des élections qui est la mission majeure de ce gouvernement.

Au sujet de la lutte contre les antivaleurs, il importe de signaler que c’est un terrain assez glissant où il est certain de souligner que son gouvernement ne saura pas s’en sortir sans laisser des plumes face à des prédateurs qui ont érigé ces pratiques en système. Luzolo Bambi, le conseiller spécial du chef de l’Etat en cette matière, en sait quelque chose. Il est vrai que la réussite  de son gouvernement dépend du résultat qu’il aura enregistré au bout de ce combat, mais il est recommandé à Bruno Tshibala de bien se tenir, et pour  ce, c’est ensemble de la république qui en sortira vainqueur.

Tant mieux, il est attendu au pied du mur.

Maurice Bakeba

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