Promesse du représentant spécial adjoint du SG des Nations unies en RDC : Les enfants séparés des miliciens Kamwina Nsapu à l’école

Le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, David Gressly, a promis de faire retourner à l’école des enfants séparés de la milice Kamwina Nsapu.

Accueillie avec soulagement par les parents de ces enfants, David Gressly a annoncé cette bonne nouvelle au cours de sa dernière visite officielle effectuée dans les provinces du Kasaï-Central et Kasaï, où il est allé se rendre compte de la situation  qui prévaut dans cette partie centrale du pays affectée par des violences attribuées aux miliciens du défunt chef traditionnel Kamwina Nsapu.

Faite conjointement avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), c’est une déclaration forte et solidaire vis-à-vis des enfants, et aussi des enseignants, qui ont souffert des attaques répétées contre les écoles et les centres d’examens depuis le mois de mai dernier, soulignent des sources onusiennes.

La section protection de l’enfant de la mission de l’organisation des Nations unies en République démocratique du Congo  estime pour sa part que le sort des enfants victimes du conflit armé en RDC reste une préoccupation permanente.  En l’espace de cinq jours, soit du 5 au 9 juin courant, la Section a documenté au total  62 cas de violations graves des droits de l’enfant perpétrés par des groupes armés dont la milice Kamwina Nsapu dans les régions du Kasaï et dans l’Est du pays.

Parmi les 62 cas documentés, la Section a vérifié 25 cas d’enlèvement d’enfants et 16 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants par les groupes armés Mai-Mai Nyatura, NDC Rénové, UPLC, Mayi-Mayi Mazembe, Mai-Mai Simba et Rahiya Mutomboki, ainsi que la milice Kamwina Nsapu. Ajouté à cela un total de 19 cas de viol et violences sexuelles perpétrés sur des filles mineures qui ont été répertoriés. Les groupes armés sont responsables de 85% des cas.

Par ailleurs, la section protection de l’enfant note avec beaucoup de satisfaction l’évolution positive du partenariat tissé avec la Fédération congolaise de football (FECOFA)  pour lutter contre le recrutement et l’utilisation des enfants dans les groupes armés en République démocratique du Congo.

Pour rappel, lors du match de football qui a opposé les Léopards de la RDC aux Diables Rouges de la République du Congo, le samedi 10 juin courant, au stade des Martyrs, à l’occasion de la 1ère journée des éliminatoires CAN Cameroun 2019, des enfants vêtus de T-shirts portant le message « Le recrutement d’enfants est un crime » ont accompagné les deux équipes de football sur l’aire de jeu.

En outre à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants célébrée le 12 juin courant,  l’Organisation internationale du travail (OIT) a attiré l’attention sur le sort tragique des enfants confrontés à des conflits ou des catastrophes et qui se trouvent particulièrement exposés au risque de travail des enfants.

En cas de conflit ou de catastrophe, souligne-t-on, les habitations, les écoles et les moyens de subsistance sont souvent détruits.  Il arrive fréquemment que les structures familiales et les systèmes de protection sociale volent en éclats: le risque de travail des enfants et de traite des personnes augmente.

Les enfants réfugiés et migrants, en particulier ceux qui sont « en mouvement » et se retrouvent séparés de leurs familles, sont particulièrement vulnérables. Le sont également ceux qui ne partent pas  ou qui sont laissés pour compte alors qu’ils luttent pour leur survie, y compris en extrayant ou récupérant des métaux ou des minéraux dans les zones dévastées par la guerre, en déblayant des gravats ou en travaillant dans les rues.

Certains sont enrôlés comme soldats pour faire des guerres d’adultes, sont exploités et maltraités comme espions, auxiliaires ou porteurs et sont souvent victimes d’exploitation sexuelle et de mauvais traitements.

 » Nous ne pouvons ignorer cette triste réalité. Tous les enfants ont le droit d’être protégés du travail des enfants.  Mais dans le monde entier, ils sont encore 168 millions contraints à travailler, dont 85 millions à effectuer des travaux dangereux « , a affirme OIT.

Dovin Ntelolo Diasonga

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