Province du Tanganyika : Des attaques des pygmées font environ 40 morts et 125 blessés à Manono

Les rivalités interethniques entre les Twa (pygmées) et les Bantu dans la province du Tanganyika continuent à faire des victimes, de nombreuses victimes parmi les populations civiles. Aussi  la cité de Manono, dans cette nouvelle province, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) , a été le théâtre d’attaques répétées la semaine dernière des membres d’un groupe de pygmées (Twa) qui ont fait 40 morts, 125 blessés et plus de 50 000 déplacés.

, En raison d’un conflit foncier, un groupe de pygmées a attaqué violemment mardi 20 décembre la cité de Manono et ses environs. Le bilan provisoire dressé par le Bureau diocésain de justice et paix (CDJP), une ONG locale, fait état de 40 morts et 125 blessés enregistrés dans l’hôpital général de Manono et plus de 50.000 déplacés,

 » Nous, en tant qu’Eglise catholique, nous demandons d’abord aux autorités nationales et provinciales compétentes d’assurer la protection des personnes et de leurs biens. Puisque c’est triste que la population meurt sous le regard passif de l’armée et de la police « , se plaignait l’abbé Alain Kabange, directeur du Bureau diocésain de justice et paix (CDJP), selon une dépêche de Caritas-Congo.

Le prêtre qui a également déploré la passivité des Casques bleus de la Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo (Monusco), qui se seraient retranchés dans leur base lors de cette attaque, a relevé que l’hôpital de Manono était débordé et qu’il y avait un manque criant de médicaments essentiels pour faire face à cette urgence.

A propos de la passivité supposée dont on l’accuse, la Mission onusienne, apprend-on, a annoncé  le renforcement de son dispositif militaire pour mieux faire face à cette triste situation qui perdure depuis des années dans cette partie du territoire de l’ancienne province du Katanga.

Lors d’une autre attaque perpétrée dimanche 18 décembre dans la localité d’Ankoro, dans la province trouble du Tanganyika, les pygmées ont incendié 101 maisons,  blessé deux personnes et tué un enfant, tandis que lors de l’attaque de la localité de Kanteba, située à 10 km de Manono, on a enregistré un mouvement de panique au sein de la population luba dont quelque 50.000 personnes sur une population estimée à 100.000 habitants qui fuyaient vers la cité de Manono.

Dans un message circonstanciel envoyé  à la Caritas Congo Asbl, l’évêque de Manono, Mgr Vincent de Paul Kwanga, a fait mention de ces deux événements malheureux. Il  a profité de cette occasion pour lancer un SOS  en faveur aussi bien des mesures de protection de la population que d’ une aide humanitaire d’urgence pour toutes ces victimes.

Toutes ces attaques meurtrières sont intervenues alors que s’était tenu une semaine plus tard un atelier de formation sur la prévention et la gestion des conflits organisé à Kinshasa par le Fonds social de la République démocratique du Congo (FSRDC) en faveur des staffs et administrateurs de cette structure. Une formation qui était tombée au bon moment car le conflit intercommunautaire entre les Twa et les Bantu dans le Tanganyika a atteint un tel degré qu’il faut organiser dans le meilleur délai une table-ronde pour mettre fin à cette crise qui perdure après avoir fait plusieurs centaines de victimes et des milliers de déplacés.

Kléber Kungu

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