Renforcement des capacités des ministres : Des dépenses inutiles

Depuis 72 heures, les membres du gouvernement Tshibala entrés récemment en fonction se trouvent en séminaire de renforcement des capacités à la Cité de l’Union africaine (UA) devenue célèbre après la tenue du dialogue national sous la conduite d’Edem Kodjo. Cette activité est organisée par le Secrétariat général du gouvernement avec l’appui du Secrétariat national pour le renforcement des capacités (SENAREC).

A cette occasion, Bruno Tshibala a déclaré :  » Ce séminaire axé sur le leadership et le renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale  a pour finalité d’insuffler, à partir du sommet de l’Etat, une nouvelle dynamique de performance et de responsabilité qui devra se propager dans l’administration publique. Au cours de ce séminaire, il sera question de réfléchir et discuter sur les bonnes pratiques de la gestion de la chose publique, afin d’améliorer la performance de l’action gouvernementale par l’adoption des méthodes et outils de gestion modernes, et le renforcement de la cohésion de l’équipe autour des priorités arrêtées « .L’originalité de cette activité est que ce sont les ministres eux-mêmes qui échangent sur leurs expériences, pour renforcer leur cohésion et améliorer leur efficacité.

Il est vrai que l’homme est appelé à apprendre chaque jour pour s’améliorer davantage. Mais s’agissant des personnalités appelées à gérer l’Etat au quotidien, leur apprendre ce qu’elles doivent faire après leur entrée en fonction pose problème. Ce qui paraît irrationnel est le recours fait au SENAREC pour organiser ces échanges par ces temps de vaches maigres où l’Etat a grandement besoin de fonds pour des défis très importants à relever notamment l’organisation des élections. Les dépenses imputées au SENAREC auraient dû servir à d’autres activités à impact visible.

Par ailleurs, cette démarche du Premier ministre vient remettre en cause ses propos avant la formation de son équipe où il a déclaré urbi et orbi qu’il tiendrait compte d’un critérium rigide pour choisir ceux qui feraient partie de son gouvernement. En son temps, nous avisons pensé qu’il se baserait sur les critères tels que la compétence, l’expérience, l’intégrité et le savoir-faire pour dénicher les oiseaux rares avec lesquels il allait travailler. Même si sa tâche était rude à cause du caractère hybride de son gouvernement dit d’union nationale, Bruno Tshibala qui connaît bien le microcosme politique rd congolais, n’aurait dû recourir qu’à la banque des données à sa connaissance.

En outre, en ce qui concerne spécialement son gouvernement, la plupart des ministres proviennent de l’équipe précédente de Samy Badibanga et qui ont été reconduits. Parmi eux, certains sont en fonction depuis la première élection de Joseph Kabila en 2006. Nous pouvons considérer que tous ces messieurs maîtrisent tant bien que mal les grands dossiers de la république. Pour le cas d’espèce, il s’agit notoirement de l’organisation des élections conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre comme l’a souligné Bruno Tshibala lui-même lors de la présentation du projet de budget 2017 à la plénière de l’Assemblée nationale. Fallait-il vraiment pour autant organiser un atelier alors qu’il y a des dossiers importants qui traînent sur les tables des ministres et qui nécessitent un traitement urgent ?Nous ne le croyons pas.

Ce qu’il faut aux ministres c’est un véritable changement des mentalités qui les aidera à sortir des sentiers battus et à faire preuve du patriotisme et de dépassement de soi pour l’intérêt supérieur de la nation. Tant que ce bouleversement ne verra pas le jour, on peut organiser autant d’activités de ce genre, rie de neuf ne sera constaté dans la gestion de la république.

Rombaut Ot

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