Réputée pour son hospitalité légendaire : La RDC continue d’accueillir  des milliers de demandeurs d’asile

Pour bien de populations  des pays voisins, la République démocratique du Congo  est un havre de paix. L’arrivée des milliers de demandeurs d’asile qui ne cessent d’affluer sur le territoire congolais en est la parfaite illustration.

La principale cause de ce mouvement quasi permanent des populations civiles traversant les frontières congolaises du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en provenance des pays limitrophes, est  toujours liée  aux violences  ou affrontements liés à la situation politique dans leurs pays d’origine.

A l’approche de la célébration le 20 juin prochain de la Journée mondiale des réfugiés, la représentante régionale du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Ann Encontre, est revenue, dans sa dernière intervention, sur cette question sensible et délicate.

 » Alors que nous nous préparons à célébrer la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin prochain,  note avec raison Madame Ann Encontre, la question des réfugiés en République démocratique du Congo demeure plus que jamais d’actualité « .

Hier comme aujourd’hui, force est de constater que la RDC continue d’enregistrer des arrivées de civils qui fuient la violence et cherchent refuge sur son sol. En mi-mai dernier plus de 30 000 Centrafricains sont arrivés dans les provinces du Nord-Ubangi et du Bas-Uélé.

Ces nouveaux arrivants, indique le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), s’ajoutent aux 103 000 autres réfugiés centrafricains déjà présents en RDC.  Selon l’agence onusienne, plus de 77 000 réfugiés sud-soudanais vivent également sur le sol congolais. La majorité ayant traversé la frontière depuis  pratiquement la moitié de l’année 2016.

Et au cours des deux dernières années, poursuit la même source, la République démocratique du Congo a reçu plus de 38 000 réfugiés burundais. Au regard de derniers développements, il n’y a aucun doute, reconnaît la représentante régionale du HCR,  il y a encore beaucoup à faire pour accueillir les réfugiés.

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dit faire de son mieux pour soutenir les structures de l’Etat et les communautés locales dans cette tâche.  Evidemment, en dépit de difficultés rencontrées, il est juste d’admettre que la situation n’est pas entièrement sombre et cette journée représente une opportunité pour transmettre quelques messages positifs.

 

Des gens avec de fortes capacités

 » Premièrement, les réfugiés sont très souvent des gens avec de fortes capacités. Si nous leur en donnons la possibilité, ils sont capables de contribuer à améliorer leur sort, et aussi influencer positivement la situation de la population hôte « , soutient le HCR.

Pour ce faire, le HCR veut soutenir les réfugiés pour qu’ils ne soient plus confinés dans des camps et dépendant de l’aide humanitaire. C’est dans cette optique que  l’agence des Nations unies appuie l’installation des réfugiés sud-soudanais dans des sites proches des communautés congolaises et cherche avec les autorités à soutenir leur autosuffisance.

En deuxième lieu, estime-t-on,  les réfugiés ne sont pas une menace  Parfois, dans le débat public, il y a une confusion entre les civils reconnus comme réfugiés et ceux qui ne peuvent pas être reconnus.

Il importe de savoir que les réfugiés ne sont pas des combattants. Is sont par définition des civils. Et la grande majorité est constituée des femmes et des enfants.  » Je voudrais saluer l’hospitalité et l’engagement des communautés et des populations congolaises, qui, très souvent, font preuve d’une grande solidarité avec les réfugiés « , apprécie Ann Encontre.

Dans un élan de solidarité, explique la représentante régionale du HCR, la population hôte accueille les réfugiés chez elle dans plusieurs régions du pays. Les réfugiés arrivent généralement affamés, fatigués, démunis, et trouvent de la chaleur sur le sol congolais.

Ainsi, pour  faciliter l’intégration des réfugiés avec la population locale, le HCR et ses partenaires privilégient une assistance qui profite aux réfugiés et à la population hôte. A titre illustratif, l’agence onusienne a construit et réhabilité des écoles qui sont fréquentées par les enfants réfugiés et congolais.  Le HCR soutient également des centres de santé, qui accueillent des Congolais et des réfugiés.  Par ailleurs, avec l’assistance en cash, les marchés généralement tenus par les Congolais se développent pour répondre à la demande créée par l’arrivée des réfugiés.

Finalement, s’interroge-t-on, des solutions de long terme pour les réfugiés sont-elles possibles.  L’espoir est donc permis. Certainement le cas des réfugiés angolais qui étaient en RDC pendant des décennies est un motif pour rester positif. Une grande partie d’entre eux est rentrée, d’autres ont pu rester et s’intégrer en RDC.

Actuellement, le HCR soutient les solutions durables pour les réfugiés rwandais. Chaque semaine, il est organisé à partir de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu et Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, le rapatriement volontaire des candidats présents aux centres de transit.

Les statistiques en notre possession renseignent que depuis le début de l’année en cours,  au total 3 000 réfugiés rwandais ont été rapatriés dans leur pays. Et depuis 2000, 175 000 réfugiés rwandais sont rentrés avec l’appui du HCR.  A la lumière de l’évolution de la situation, l’agence des Nations unies espère fermer définitivement le dossier des réfugiés rwandais à un moment donné : ceci grâce à un rapatriement volontaire et une éventuelle intégration locale pour ceux qui sont depuis longtemps en RDC et souvent mariés à des Congolais.  En définitif, constate-t-on, il n’y a donc pas seulement que des considérations négatives, mais aussi des perspectives positives pour avancer et trouver des solutions.

Dovin Ntelolo Diasonga

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