Rutshuru/Nord-Kivu : L’insécurité risque de réduire l’accès humanitaire

Devenue cyclique, l’insécurité refait de nouveau surface  dans plusieurs zones de Rutshuru, territoire de la province du Nord-Kivu, empêchant même aux acteurs humanitaires  de mener à bien leur mission,  car mis dans l’impossibilité d’accéder aux personnes vulnérables nécessitant une assistance.

L’accès humanitaire, constate-t-on sur place,  risque d’être réduit malheureusement à cause de l’insécurité grandissante observée depuis quelques semaines sur l’axe Kiwanja-Nyamilima-Ishasha, dans certaines localités des groupements de Busanza (Katoro, Nyarugarama et Nyundo), Tongo et Bambo.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), il ne se passe plus un seul jour sans incidents de protection. On assiste aux enlèvements et autres exactions contre des populations civiles dans ces zones.

Le 16 octobre courant, dans la collectivité de Bwito, au moins 600 personnes ont fui leur village de Ngoroba vers Nyanzale, Munguli, Kihondo et Kibirizi, suite aux affrontements entre groupes armés. Plusieurs maisons dont le nombre n’est pas encore connu, ont également été pillées et incendiées lors de ces affrontements.

De même, on estime que près de 800 personnes déplacées et autochtones de Nyanzale, localité située  à 20 kilomètres de Ngobora, se sont réfugiées dans les sites de Kihondo, Kasoko et Katsiru et à Kanyabayonga.

En fait, ces personnes  redoutent des attaques des groupes armés dans la zone de Nyanzale où les déplacés et autochtones sont particulièrement exposés aux risques de recrutement forcé par des groupes armés qui se disputent le contrôle de la chefferie de Bwito.

Outre les populations civiles, les partenaires humanitaires qui interviennent dans ces zones courent également le risque d’enlèvement et d’agression. Ainsi, soutient-t-on, il est nécessaire de sécuriser ces zones afin de garantir l’accès humanitaire aux personnes vulnérables.

Le malheur ne vient jamais seul. La situation humanitaire demeure aussi préoccupante dans les groupements de Tongo et de Bambo à cause de l’insécurité occasionnée par la présence d’un nouveau groupe armé.

 

Des besoins multisectoriels non couverts à Tongo

Comme dans les autres localités du territoire de Rutshuru affectées par l’insécurité, les acteurs humanitaires éprouvent d’énormes difficultés d’accès dans la zone de Tongo où se trouvent des populations vulnérables, notamment des déplacés. Déjà, diverses sources humanitaires tirent la sonnette d’alarme sur certains besoins multisectoriels non couverts notamment en Eau, hygiène et assainissement (EHA), éducation, protection, santé et AME (Articles ménagers essentiels), abris, dans cette zone.

Malgré cet environnement hostile, l’assistance humanitaire se poursuit sur le terrain. Pour preuve, depuis le 24 octobre courant, plus de 60 000 personnes déplacées de huit localités (Kamandi, Kikuvo, Kanyabayonga, Kayna, Mighobwe, Bulotwa, Kirumba et Keseghe) du sud du Lubero reçoivent une assistance multisectorielle d’urgence composée de vivres et articles ménagers essentiels (AME) du programme alimentaire mondial (PAM), de son partenaire Diakonie, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et de Mercy Corps.

Par ailleurs, les résultats des évaluations conduites par l’organisation non gouvernementale Samaritan’s Purse du 12 au 15 octobre courant font état de la présence de plus de 15000 personnes déplacées qui sont arrivées dans les localités de Miriki, Luofu et Kasugho, au sud Lubero entre mars et septembre derniers.

La plupart ont fui les affrontements entre groupes armés qui sévissent dans les territoires de Rutshuru et Walikale.  Pour faire face à cette crise, Samaritan’s Purse envisage un ciblage de bénéficiaires à Luofu et à Miriki pour une assistance en vivres et Articles ménagers essentiels (AME).

Dans l’entre-temps, rapporte-t-on, quelque 750 personnes ayant fui les tracasseries des hommes armés de Ndondo se trouvent actuellement à Kitchanga centre et dans le site de Mongote.

Dans la zone de Mpati, renseigne-t-on, la population se trouvant dans la zone de retour et de déplacement sur l’axe Kalengera-Kirumbu-Muhanga accède difficilement à l’eau potable. Les adductions d’eau construites par les différents partenaires ne sont plus opérationnelles, ce qui nécessite la présence d’acteurs en Eau, hygiène et assainissement (EHA) dans cette région.

Aussi, les écoles qui avaient abrité les déplacés venus de Nyanzale (Rutshuru) nécessitent d’être réhabilitées et rééquipées.  Aujourd’hui, la zone de Mpati compte près de 400000 personnes dont près de 80000 déplacés.

Concernant toujours le secteur éducation, depuis le 17 octobre courant, l’organisation non gouvernementale NRC organise une réponse en éducation en faveur de près de 10 000 enfants non scolarisés des localités de Kyantsaba et Mangina, au Nord-est de Beni. Cette réponse comprend également la formation de 160 enseignants de 15 écoles, la distribution de kits pour les enseignants et de bancs scolaires.

Dovin Ntelolo Diasonga

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