Secteur  public en ébullition/ Professeurs et médecins durcissent leur grève, le gouvernement coincé

Le secteur public est en ébullition car désormais secoué par des mouvements de grève  Les professeurs de l’Université de Kinshasa (Unikin) et les médecins du secteur public ont décidé  de maintenir leur mouvement de grève qu’ils observent depuis le 7 août pour les premiers et depuis la mi-juillet pour les seconds. Rien de satisfaisant n’ayant été obtenu de la part du gouvernement Tshibala, professeurs et médecins sont décidés de durcir le ton. Alors que les enseignants du primaire et du secondaire menacent d’aller, eux aussi, en grève en septembre, à la rentrée scolaire si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

 

Les professeurs de l’Université de Kinshasa ont pris cette décision au cours de l’assemblée générale tenue mardi 15 août au sein de cette institution universitaire.

Les professeurs de l’Unikin ont donc durci leur mouvement de grève, ayant constaté avec beaucoup de regret qu’ aucune avancée n’a été enregistrée du côté du gouvernement Tshibala au sujet de la requête du personnel scientifique de l’Unikin concernant  les revendications des professeurs, à en croire le Comité exécutif de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (Apukin) qui avait engagé des négociations avec le gouvernement, selon Radio Okapi

Cependant, une nouvelle réunion d’évaluation  de ce mouvement de grève des professeurs est annoncée pour le 29 août prochain.

Les revendications des professeurs de l’Unikin portent notamment sur le réajustement de leurs salaires du mois de juillet au taux de change appliqué sur le marché et l’application de la loi cadre de l’enseignement national promulgué par le chef de l’Etat depuis le 11 février 2014. Cette loi recommande notamment l’organisation des élections des autorités académiques.

 

Les médecins radicalisent leur grève

Du côté des médecins de Kinshasa du secteur public, c’est le durcissement de leur mouvement de grève qu’ils ont déclenché depuis la mi-juillet en passant du service minimum à « la radicalisation », selon le secrétariat exécutif provincial du Syndicat national des médecins (Synamed) qui a fait cette annonce au terme d’une réunion extraordinaire tenue à Kinshasa.

Le docteur Simon Itelete, secrétaire exécutif provincial du Synamed, cité par la même source, a expliqué  que ce changement était consécutif au fait que le dernier conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat vendredi 11 août courant n’a pas pris en compte les revendications des médecins.

Alors que les médecins grévistes attendaient beaucoup de ce conseil des ministres.

Les médecins réclament l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles qui, selon eux, passent par l’application du taux de change actuel à la paie des médecins, l’inscription sur les listes de paie des médecins de Kinshasa qui ne sont pas encore rémunérés et les promotions en grades.

Le secteur médical public est touché de plain-pied par cette grève. En effet, les infirmiers de ce secteur se trouvent également en grève depuis le 24 juillet. Une situation qui préjudicie les malades et les garde-malades notamment de l’Hôpital général de référence de Kinshasa.

Les malades et les garde-malades se plaignent du service minimum décrété dans tous les hôpitaux publics du pays à la suite de cette grève.

 

Les infirmiers déjà en grève

Les infirmiers avaient décidé d’aller en grève à l’issue d’une assemblée générale tenue le 24 juillet à Kinshasa par les trois principaux syndicats des infirmiers, dont la Solidarité syndicale des infirmiers du Congo (Solcico) et l’Association nationale des infirmiers du Congo (Anic).

Les infirmiers grévistes réclament l’amélioration de leurs conditions salariales. Ce, conformément à une loi votée par le Parlement exigeant que les fonctionnaires soient payés au taux réajusté de 1425 FC.

Les infirmiers avaient entamé des négociations avec le gouvernement à ce sujet, mais ces discussions n’avaient pas abouti à un compromis satisfaisant. Les infirmiers déplorent également  le problème d’inégalité de primes de risque payées au personnel qui travaille dans une même institution. Par conséquent, il y en a qui touchent 1 200 000 FC (769,230 dollars américains), d’autres 800 000 FC (512, 820 dollars américains), alors que d’autres encore touchent 32 000 FC (20,51 dollars), au taux actuel de 1 560 FC le dollar.

Et la série de grèves est loin de s’arrêter là. Les enseignants du primaire et du secondaire, eux aussi, menacent de déclencher la leur en septembre, à la rentrée scolaire.

Face à ces mouvements de grève qui touchent au même moment le secteur public, le gouvernement doit être dans une mauvaise passe et coincé en même temps, à moins d’être simplement insensible aux problèmes sociaux de la population. Ce qui est le cas du gouvernement Tshibala qui laisse faire les choses, attendant que le pire arrive pour intervenir dans la précipitation.

 

François Salu

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