Sport et justice face au démembrement : A quelles provinces appartiennent les clubs existants ?

Le démembrement des onze provinces de la RD Congo en 26 provincettes, s’il a finalement été accepté sur le plan administratif et politique, est loin de faire l’unanimité dans le domaine du sport et de la justice, à telle enseigne que l’opinion s’interroge à quelles provinces vont appartenir les clubs de football, de basketball, de volleyball…existants.

Dans le secteur de la justice, le problème ne se pose pas tellement, étant entendu que, faute de bureaux appropriés préalablement construits, il y a possibilité que les audiences des cours se tiennent, si pas dans un ancien bâtiment abandonné mais qui, pour le besoin de la cause, arrive à recevoir une couche de peinture, ou une nouvelle couche au cas où il y en aurait eu une autre auparavant ; faute de ceci, les audiences peuvent se tenir même en-dessous soit d’un arbre, soit d’un hangar. D’ailleurs, les cas à ce sujet sont légion dans les zones de l’Est où les forces négatives arrivent à s’attaquer aux bâtiments abritant les cours et tribunaux.

Sur le plan sportif cependant, la tâche sera beaucoup plus ardue car, monter un club de foot, de basket, volley… n’est pas une partie de plaisir. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut réunir en une semaine.

D’où, toute la nécessité qu’il y a à nous poser cette question en prenant le foot comme un échantillon :à quelles provinces appartiennent les clubs comme le Tout Puissant Mazembe Englebert qui rassemblait tous les jeunes du grand Katanga ; sa Majesté Sanga Balende avec tous les jeunes de l’ancien Kasaï-Oriental, Nika pour les jeunes de l’ancienne province orientale ; Tshinkunku pour l’ancien Kasaï-Occidental ?

Est-il acquis d’avance que lesdits clubs vont appartenir pour Mazembe au Haut-Katanga, Sanga Balende à l’actuel Kasaï-Oriental, Vutuka au Kwilu, Nika à la Tshopo ? S’il faut répondre affirmativement à cette question, il faut reconnaitre que les nouvelles provincettes ont du temps à parcourir pour monter leurs propres clubs, et pour plusieurs raisons. Il faudra d’abord songer aux infrastructures. Combien de nouvelles provinces possèdent aujourd’hui un terrain de foot, de basket ou de volley répondant aux normes requises ? C’est la première des choses.

La deuxième consiste à trouver un mécène, c-à-d quelqu’un qui puisse se faire violence en investissant dans les jeunes qui, aujourd’hui sont en train de jouer dans le sable. Et des gens comme ça sont rares.

Au nombre des nouvelles provinces où le sport aura maille à partir on trouve, à la première loge Mai Ndombe, Kwango, Tshuapa, Nord et Sud Ubangi, Ituri, Haut-Uélé et Bas-Uele, Lomami et Sankuru.

Les provinces du Kongo-Central, Nord et Sud-Kivu, Maniema sont les seules à ne pas être concernées par ce problème combien délicat.

S’il faut nous être permis de raisonner par l’absurde, nous demanderons que les jeunes non originaires des provinces auxquelles appartiennent ces clubs existants de regagner chacun sa nouvelle province, ceux-ci seront sérieusement déstabilisés.

C’est aussi l’occasion de demander aux gouverneurs des nouvelles provinces, par l’entremise des divisions provinciales aux sports, de songer déjà aux mécanismes quant à l’existence et à l’épanouissement du sport dans toutes ces nouvelles provinces dont la compétence leur est confiée.

Magister Baseke.

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