Synode national électif / Qui succédera à Mgr Marini à la tête de l’ECC ?

Il s’est ouvert depuis le lundi 14 août 2017, au Lycée Shaumba à Kinshasa, les travaux de la 17ème session du Synode national de l’Eglise du Christ au Congo (ECC). Plus de 360 délégués venus de 95 communautés membres et des organismes associés comme la Société biblique de la République démocratique du Congo, l’UPC, les ECP, les aumôneries protestantes auprès des universités, des prisons, des hôpitaux et de l’armée, le Campus pour Christ, la fédération des femmes protestantes, le ministère des laïcs protestants, prennent part à ces assises qui ont été, depuis mardi 15 août délocalisées vers la cathédrale du Centenaire protestant à Lingwala pour raison notamment du nombre des participants.

 

Pendant une semaine, les délégués en provenance de toutes les provinces et de la capitale vont réfléchir autour de la vie de leur Eglise mais surtout élire le successeur de Marini Bodho, atteint par la limite de l’âge. Ce dernier élu en 1998 en remplacement de l’évêque Bokeleale, a trôné pendant 19 ans à la tête de l’Eglise du Christ au Congo.

Selon des milieux intéressés, il nous revient que c’est depuis bien longtemps que le Synode électif devait se tenir, mais il était àchaque fois reporté pour des raisons que seuls les dirigeants sortants sont en mesure d’expliciter.

Mais grâce à la prière, et à la volonté exprimée de toutes les communautés membres de cette grande Eglise, il a été décidé de convoquer une session élective du Synode national. Pour élire un nouveau président de l’ECC et ses deux adjoints.

Par tradition, cet événement a toujours été un moment de grands enjeux. Qui intéressent aussi bien les fidèles protestants que les autorités politiques du pays. Parce que pour ceux qui ne le savent pas, l’ECC pèse plus de 25 millions de fidèles protestants. Ce qui, ne peut en aucun cas, laissé indifférentes les autorités politiques du pays.

La course est donc lancée pour la succession de Mgr. Marini Bodho. Mais qui va lui succéder ? Les candidats en tout cas ne maquent pas. Même si le bureau du Synode n’a pas encore formellement donné les noms des prétendants. Mais plusieurs noms sont cités dans les couloirs, en l’occurrence, Messeigneurs Nyamuke et Milenge, respectivement 1er et 2ème vice-président de l’ECC. Mgr. Kuye, sénateur et président provincial de l’ECC/Sud-Kivu, le Rév. Dr. Kakule,  le Rév. Bokundoa, représentant légal de la CBFC…

Qui aura la grâce de remplacer le président national sortant de l’ECC ? Y a-t-il parmi eux quelqu’un qui puisse réunir l’unanimité ? Une sagesse dit qu’il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Les protestants qui sont de grands conservateurs, vont-ils puiser loin leur nouveau chef.

Difficile de prédire quoi que ce soit à ce stade de débats. Mais on laisse croire qu’il y a des ambitions cachées qui pourront s’exprimer dans les heures qui suivent, le temps pour eux de jauger le terrain.

A entendre, quelques délégués – ayant exigé l’anonymat, il va falloir un renouvellement de la classe dirigeante à la tête de l’Eglise pour apporter des réformes que la quasi-majorité des fidèles protestants attendent.

 

Le nouveau système électif serait-il un piège ?

Selon les témoignages recueillis à la cathédrale du Centenaire protestant hier mercredi, les présentes assises peuvent surprendre. Les choses nous semble-t-il, ne se passent pas comme à l’accoutumée. Le système électif a été quelque peu modifié ou plutôt revisité.

Et cela a pu être constaté à l’élection du modérateur national et des membres de son bureau. Il n’y a pas de candidat affiché au départ. On remet simplement de petits bouts de papier à chaque délégué pour qu’il inscrive le nom de celui qu’il voudrait voir à la tête de la modération de l’Eglise.

Les 2 ou 3 candidats qui auront plus de voix, sont ceux-là qui seront soumis au vote de toute l’assemblée. C’est par cette formule que Mgr. Mbaya Tshiakany a été élu modérateur national hier.

Poste qu’il a disputé avec Mgr Unda de l’Eglise méthodiste. L’évêque Mbaya l’a emporté avec une marge de 6 voix, selon des informations glanées sur place hier à la cathédrale du Centenaire protestant. L’on a procédé de la même manière pour les autres membres de son bureau.

Ce système, croit-on savoir, va également être appliqué à l’élection du président national de l’ECC et de ses deux adjoints. Et comme les délégués sont des serviteurs de Dieu et assez mâtures et responsables, nous pensons qu’ils vont jeter leur dévolu sur celui qui peut amener un nouveau souffle au sein de l’ECC qui, selon plusieurs observateurs congolais, s’est vraiment endormi. Certaines langues soutiennent même qu’elle a beaucoup perdu dans l’opinion, comparativement à d’autres confessions religieuses. Qui va relever le défi ? Les heures qui suivent vont nous le dire.

 

J.P Seke

Related posts