Ville de Kinshasa : Le général Syvano Kasongo se fixe un cap

Le général Sylvano Kasongo, parlant au nom du Commissariat provincial de la ville de Kinshasa, a dévoilé, dans une interview  accordée à Molière Télévision et Direk TV, les grandes lignes de son action. Dans cette interview de plus de 45 minutes, il s’est fixé entre autres objectifs de s’attaquer à certaines incongruités propres  à la ville de Kinshasa où l’usage du gyrophare et de la sirène est banalisé jusqu’au point où même certaines motos disposent des sirènes. Pour le numéro un de la PNC ville de Kinshasa, la métropole kinoise doit cesser de se singulariser. Elle doit devenir une ville comme toutes les autres villes du monde où l’usage de la sirène et du gyrophare sont réservés à la police et aux ambulances.

Désormais donc, il est strictement interdit aux corbillards, aux motos et autres véhicules non officiels de faire usage du gyrophare ou de la sirène. Tout contrevenant verra sa sirène ou son gyrophare saisis.

Le deuxième chantier est la mauvaise habitude prise par les receveurs de taxi-bus de rouler la portière ouverte ou celle de s’agripper sur le pare-choc arrière de leur véhicule. Cette mauvaise habitude qu’on ne voit qu’en RD Congo sera combattue avec la dernière énergie.

Le troisième chantier du Commissariat provincial de la Police nationale congolaise ville de Kinshasa est la lutte contre l’entrée intempestive des taxis-motos au centre ville. Tout contrevenant verra sa moto saisie. Le dernier chantier que s’est fixé le général Kasongo Sylvano est celui de la lutte contre les nuisances sonores. En se fixant ces objectifs, le général Sylvano Kasongo n’a pas oublié la lutte contre les kuluna (banditisme urbain) et la circulation de gros véhicules comme on pourrait le croire. Ces autres volets de la vie nationale continuent à le préoccuper.

 

Va-t-il réussir ?

Connaissant l’indiscipline de Kinois, la question que l’on se pose est celle de savoir si le Commissariat provincial de la ville de Kinshasa va réussir. Nous disons Commissariat  provincial parce que le général Sylvano a fait comprendre qu’il ne travaillait pas seul. Il dispose des collaborateurs avec qui il travaille qui doivent aussi être pris en compte. Voilà pourquoi s’il impulse le mouvement, le travail est collectif. Raison de plus de pouvoir parler du Commissariat provincial que du général seul. Cette question  de réussite vaut  donc son pesant d’or. Parce-que dans le passé, beaucoup d’autres tentatives allant dans le sens de combattre toutes  » ces kinoiseries  » n’ont en définitive rien donné. Le général Sylvano est donc convaincu que les Kinois dans leur grande majorité sont de fortes têtes. Voilà pourquoi il a promis la méthode forte dans la lutte contre tous ces maux (sirène, gyrophare – portière ouverte – fréquentation du centre ville par les wewa etc.).

Les chauffeurs ont été avertis. Puisque les receveurs ont les pieds agiles et parviennent presque toujours à s’échapper en cas de tentative d’arrestation, ce sont les chauffeurs qui vont tâter du fouet. Quant aux wewa, ils courent le risque de voir leurs engins confisqués. Pareille pour les cas de nuisance sonore où les récalcitrants risquent de voir les objets du délit (baffles, mixer) confisqués.

En clair, le Commissariat provincial de la ville  va recourir aux bonnes vielles méthodes de Mzee Laurent-Désiré Kabila qui ont permis de mettre fin au  » cinq, cinq na banc  » et autre  » kobolo  » et sangisa makolo. Les adeptes de la cinquième ligne à la base des embouteillages que nous déplorons ont été aussi avertis. Tous les contrevenants verront leurs pneumatiques tailladés. Comme on le voit, le Commissariat provincial de la police vient là d’ouvrir un important front qu’il devra nécessairement gagner. Malgré les critiques qui ne manqueront pas de fuser de partout pour parler des droits de l’homme. Le Commissariat provincial devra tenir bon.

En attendant, nous ne pouvons que souhaiter à la nouvelle équipe à la tête de la police/ville de Kinshasa plein succès dans ses missions. Tel est le vœu exprimé depuis toujours par les Kinoises et Kinois, celui de vivre dans une ville ou règne la paix et l’ordre et où les délits et autres abus sont sanctionnés.

Philippe Mbayi Wete

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